L'abandon du projet d'oléoduc Keystone XL marque un tournant

Dépôt destiné à l'oléoduc Keystone XL à Oyen, Canada (février). ©REUTERS

Joe Biden l'avait bloqué, le projet d'oléoduc est désormais abandonné. C'était le premier grand projet d'infrastructure pétrolière massivement contesté aux États-Unis.

Le projet d'oléoduc Keystone XL entre les États-Unis et le Canada, lancé en 2008, a officiellement été abandonné. "TC Energy a confirmé aujourd'hui […] avoir mis fin au projet", a annoncé le groupe canadien mercredi. L'oléoduc était dénoncé depuis des années par les défenseurs de l'environnement et des tribus amérindiennes.

Le 20 janvier, quelques heures avant que Joe Biden ne signe un décret pour bloquer la finalisation du projet, l'opérateur canadien avait annoncé la suspension des travaux. Il avait annoncé prévoir en conséquence "le licenciement de milliers de travailleurs syndiqués". Au premier trimestre, la société a enregistré une perte d'environ 1,5 milliard d'euros liée à cette mise à l'arrêt.

830.000
Barils/jour
Le projet devait permettre l'acheminement, à partir de 2023, de plus de 830.000 barils de pétrole par jour entre l'Alberta et le Golfe du Mexique.

De son côté, le gouvernement de la province canadienne de l'Alberta, qui concentre l'essentiel des réserves pétrolières du Canada et était partenaire du projet, a fait savoir qu'il "explore toutes les options" pour récupérer son investissement. L'enterrement de Keystone XL lui coûterait l'équivalent de 881 millions d'euros.

Le projet devait permettre l'acheminement, à partir de 2023, de plus de 830.000 barils de pétrole par jour entre l'Alberta et le Golfe du Mexique, où se concentrent des raffineries américaines.

Un puissant symbole

Le projet avait été annulé une première fois par Barack Obama avant d'être remis sur pied par son successeur Donald Trump. TC Energy avait alors repris ses travaux de construction l'an dernier entre le Canada et l'État américain du Nebraska. Mais Joe Biden a donc retiré une seconde fois la prise, comme il l'avait promis durant la campagne présidentielle dans le cadre de son plan de lutte contre les changements climatiques.

"C'est une décision qui fera date dans la lutte contre la crise climatique."
Jared Margolis
Center for Biological Diversity

"C'est une décision qui fera date dans la lutte contre la crise climatique", a réagi Jared Margolis, avocat au Center for Biological Biodiversity, cité par l'agence Reuters, ajoutant espérer que le gouvernement américain poursuivra dans son opposition aux nouveaux projets de développement des énergies fossiles.

Outre ses conséquences économiques et environnementales immédiates, cet abandon a une puissante valeur symbolique aux États-Unis. "L'opposition au pipeline Keystone a constitué un développement massif dans le mouvement climatique" et son abandon "témoigne de l'efficacité de l'action collective citoyenne", observe Robert Brulle, spécialiste de l'activisme environnemental à la Brown University, cité par l'agence Bloomberg. Le mouvement d'opposition à ce projet a marqué la fin de l'expansion incontestée des infrastructures pétrolières et gazières aux États-Unis.

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