L'appel d'offres pour des centrales au gaz au menu du gouvernement

Le gouvernement devrait approuver, ce vendredi matin, le lancement d’un appel d’offres pour 700 à 900 MW de nouvelles centrales au gaz, avons-nous appris.

C’est sans doute le point le plus controversé du "plan Wathelet". Febeliec, la fédération belge des grands consommateurs industriels d’électricité et de gaz, jugeait que cela revenait à "tuer une mouche avec un canon". Certains observateurs affirmaient même que le projet allait être abandonné, vu le nombre de fermetures de centrales au gaz. "C’est se tromper de débat, réagit le secrétaire d’État à l’Énergie Melchior Wathelet. Il nous faut à la fois rendre les centrales existantes plus concurrentielles, ce à quoi nous sommes en train de travailler, et nous assurer que les investissements nécessaires à la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité au-delà de 2015 se fassent: c’est l’objectif de cet appel d’offres." Un appel d’offres qui comprend une sorte d’assurance, avec un système de soutien flexible, durant 6 ans, qui dépendra des conditions de marché.

En résumé, le cabinet de Melchior Wathelet a calculé quel niveau de soutien était nécessaire pour assurer la rentabilité d’une centrale théorique. Sur cette base, un plafond maximum de soutien a été fixé: 90.000 euros par MW installé et par an pour une centrale TGV, et 45.000 euros par MW et par an pour une centrale "de pointe", à cycle ouvert.

Les offrants vont devoir préciser quel montant de soutien annuel ils estiment nécessaire — un montant qui ne pourra dépasser ce plafond. "Les moins disants ont de grandes chances de l’emporter, puisque ce critère comptera pour 70% dans l’attribution du marché", explique le cabinet Wathelet. Les autres facteurs porteront notamment sur la date de mise en service ou le poids de l’offrant sur le marché, histoire de favoriser la concurrence.

Ensuite, chaque année, les conditions rencontrées par les centrales retenues seront comparées à celles de la centrale théorique: si elles sont plus mauvaises, l’exploitant touchera la totalité du soutien convenu, si elles sont meilleures, la moitié seulement.

Dans le scénario du pire, le coût pour l’État serait donc de 72 millions par an, durant 6 ans. Un coût que le gouvernement espère couvrir grâce au tiers des bénéfices tirés par l’État de la prolongation de Tihange 1.

Mais il reste une autre grosse inconnue: l’intérêt du marché pour cet appel d’offres, qui devrait être lancé au plus tard en janvier, si comme attendu, le gouvernement donne son feu vert ce vendredi.

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