1

L'Europe espère installer au moins dix méga-usines de batteries

©Bloomberg

Les travaux pour créer en Europe un "Airbus des batteries" se poursuivent. L'Europe aura besoin, d’ici 2025, d’au moins 10 méga-usines en Europe, annonce Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne.

Le travail autour d’un "Airbus des batteries", une idée lancée par le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Union de l’énergie, Maros Sefcovic, se poursuit. Après une première rencontre avec un large panel de chefs d’entreprise européens actifs dans l’automobile, la chimie ou les matériaux en octobre dernier, ce sont les ministres de l’Economie des pays de l’Union européenne qui se sont réunis, lundi, avec la Banque européenne d’investissement, pour voir comment développer la production de batteries électriques en Europe.

→ La Banque européenne d'investissement (BEI) a de son côté promis ce mardi d'apporter des financements au projet d'Airbus des batteries.

Si les constructeurs automobiles européens assemblent des batteries pour leurs voitures électriques, il n’y a actuellement en Europe aucun joueur significatif dans la fabrication de leurs cellules — cet élément clé vient généralement d’Asie. Une situation que la Commission européenne ambitionne de modifier, en aidant à créer tout un écosystème européen dans ce secteur.  

Au moins dix méga-usines

Une feuille de route plus précise devrait être annoncée le 23 février prochain. Mais déjà, Maros Sefcovic lève un coin du voile. "Le potentiel de ce marché en Europe est gigantesque: d’ici 2025, il pourrait atteindre 250 milliards d’euros par an, puisque la demande européenne en cellules de batteries devrait atteindre 200 GWh, et la demande mondiale 600 GWh. Cela veut dire que nous aurons besoin d’au moins dix méga-usines en Europe. C’est trop pour un seul acteur, mais c’est atteignable pour l’ensemble de l’Union européenne."

S’il prend pour modèle Airbus, le consortium créé à la fin des années 60 par les constructeurs aéronautiques européens pour faire face à l’américain Boeing, ce n’est vraisemblablement pas un consortium, mais plusieurs qui seront créés. "Je ne pense pas que nous aurons une seule entreprise fabricant des batteries en Europe, précise le vice-président de la Commission européenne. Mon sentiment est plutôt que nous aurons plusieurs consortiums, basés sur nos différents points forts, qui coopéreront étroitement."

L’objectif n’est pas seulement de créer des usines qui fabriquent les cellules à grande échelle, mais également de travailler sur des batteries plus innovantes et plus durables. Une évolution dans laquelle des entreprises belges comme Umicore ou Solvay se préparent à jouer un rôle clé.

"Nous sommes candidats à participer à un consortium dans ce domaine, mais pas sur une base belge: le critère ne peut être que la qualité, pas la nationalité, explique Egbert Lox, senior vice president chez Umicore. Nous avons clairement annoncé notre intention de construire une usine de fabrication de matériaux pour batteries en Europe. Un des grands défis, pour les responsables européens, sera la vitesse. En Corée du Sud, entre les premières discussions avec les gouvernements locaux et le début de la production, 15 mois se sont écoulés. Quinze mois, c’est le temps qu’il faut en Belgique pour décrocher un premier permis."

Umicore , qui fabrique les cathodes, le cœur des batteries, mais est aussi actif dans leur recyclage en fin de cycle, ne compte pas participer, par contre, aux méga-usines de fabrication de cellules. "Cela, c’est plutôt pour nos clients, poursuit Egbert Lox. Nous allons nous concentrer sur les cathodes, et demain sur les anodes, et développer les batteries de demain: il s’agira toujours de batteries lithium-ion, mais à électrolyte solide. Et ces batteries de demain, il y a de grandes chances qu’on puisse les construire dans les mêmes méga-usines que celles qui vont être mises en place sur la base de la technologie actuelle."

Même positionnement chez Solvay , qui est actif dans les sels et polymères qui permettent d’améliorer la densité énergétique des batteries. "Un des défis de l’Europe sera de trouver des opérateurs industriels qui ont la volonté d’être intégrateurs. Ce n’est pas notre rôle, en tant que chimiste. Mais ce serait dommage, alors que nous allons vers les véhicules électriques, que l’Europe doive importer ces batteries", souligne Alexis Brouhns, senior executive vice president chez Solvay.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content