"L'Europe ne doit pas être prise en otage dans le conflit gazier"

Le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger s'attend à ce que les flux gaziers vers l'UE ne soient pas affectés par le conflit entre la Russie et le Bélarus.

L'Europe "ne doit pas être prise en otage" dans le conflit gazier qui oppose la Russie et le Bélarus, a prévenu le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger après une discussion téléphonique mardi soir avec des responsables des deux pays.

"C'est une question entre le Bélarus et la Russie", a-t-il déclaré au ministre russe de l'Energie Sergei Chmatko et vice-Premier ministre bélarusse Vladimir Semachko.

La Commission européenne a, pour sa part, proposé d'aider à faire circuler les informations "factuelles" entre les deux parties, a encore précisé mercredi la porte-parole du commissaire.

"Nous demandons aux deux parties de coopérer de bonne foi pour résoudre le problème. La Commission s'attend à ce que les flux gaziers vers l'Union européenne en provenance de Russie ne soient pas affectés, qu'ils demeurent ininterrompus en direction de tous les Etats européens concernés, et que les obligations contractuelles soient respectées", a encore dit Oettinger.

Le géant gazier russe Gazprom a réduit mercredi ses livraisons de gaz au Bélarus de 60%, suite au conflit financier qui les oppose, mais le transit de gaz vers l'Europe n'est pas affecté, a annoncé le patron du groupe, Alexeï Miller. Les deux pays se réclament mutuellement autour de 200 millions de dollars, la Russie pour le gaz consommé, le Bélarus pour le transit.

Les Européens avaient déjà subi en janvier 2009 une interruption de deux semaines des livraisons russes, à la suite d'un conflit entre Moscou et Kiev.
Si le Bélarus devait cesser d'approvisionner l'Europe, la Lituanie serait le pays de l'UE le plus touché. La Pologne et l'Allemagne pourraient être indirectement affectées, selon Bruxelles.

 

Commentaires

De l'avis général, la crise actuelle paraît toutefois moins grave qu'en 2009 pour l'Europe car elle concerne des volumes de gaz moins importants et parce qu'elle intervient à un moment de demande relativement faible (période estivale et crise économique).

Le principal perdant dans l'affaire pourrait finalement être Gazprom et la diplomatie russe en général. Le conflit nuit clairement à "l'image déjà quelque peu écornée de Gazprom en Europe" et encouragera l'UE à "renforcer ses efforts de diversification des importations", estime Chris Weafer, analyste de la banque Uralsib.

"Des procédés pareils de pression grossière (...) ternissent l'image des autorités russes et provoquent la méfiance envers leur politique énergétique. Moscou se montre incapable de traiter avec ses voisins ou d'assurer un transit fiable du gaz vers l'Europe", renchérit Evgueni Volk, vice-directeur de la Fondation Eltsine.

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