L'exploitation du gaz de mines se prépare à Anderlues

C'est ce style d’unité mobile qui va être utilisée pour les tests à Anderlues.

L’ancien charbonnage d’Anderlues va retrouver vie. La Française de l’Energie s’apprête en effet à y récupérer le fameux grisou dans les anciennes galeries pour l’exploiter localement.

A l’origine, c’est Albert Frère qui a lancé ce projet d’exploiter le gaz présent dans les mines wallonnes. Pour cela, il s’était associé à la société australienne EGL, et il a même un temps détenu, via Transcor Astra, Gazonor, une filiale de la société australienne active dans le nord de la France. "Au bout d’une longue restructuration d’EGL, j’ai créé la Française de l’Energie, et racheté Gazonor à Transcor Astra", explique Julien Moulin, PDG de la Française de l’Energie. L’entreprise, cotée sur Euronext Paris et installée en Lorraine, a réalisé lors de son dernier exercice un chiffre d’affaires de 6,7 millions d’euros. Dans les Hauts-de-France, elle a aujourd’hui quatre sites de production d’électricité à partir de gaz de mines, et un site d’exploitation de gaz.

Après une très longue procédure administrative, elle a obtenu, via sa filiale Gazonor Benelux, le permis pour exploiter le gaz présent dans les anciennes galeries du charbonnage d’Anderlues. Un site longtemps exploité par Fluxys comme réservoir souterrain de gaz. Gazonor va démarrer les tests de production ce 15 octobre. L’objectif ? Valider les réserves disponibles, pour pouvoir dimensionner les futures installations.

"Le charbon encore présent sur le site continue à désorber et dégage un gaz incolore et inodore, qui se compose d’une plus ou moins grande quantité de méthane. A Anderlues, il est plus riche que dans d’autres mines, explique Julien Moulin. Nous voulons récupérer la totalité de ce gaz pour le valoriser, soit en l’injectant dans le réseau ou en le vendant en bouteilles, soit en le brûlant pour produire de l’électricité et de la chaleur. Une chaleur qui pourrait par exemple être vendue à des serristes qui s’installeraient sur le site. Toutes les options sont encore ouvertes."

L’entreprise espère récupérer 3 à 10 millions de mètres cubes de gaz par an, de quoi alimenter une unité de cogénération de 3 à 6 MW. Elle compte démarrer la commercialisation au premier semestre 2019, et table sur un chiffre d’affaires annuel d’1,5 à 2 millions d’euros. Par contre, pour dégager des bénéfices, il lui faudra développer d’autres installations. "Cela nous permettra d’amortir les frais fixes et les investissements que représente l’entrée sur un nouveau marché", note Julien Moulin. D’autres dossiers sont à l’examen dans le Benelux, notamment avec un gros industriel wallon qui a découvert sur son site un puits sous pression à quelques dizaines de mètres du parking des employés. Mais rien n’est encore signé.

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