L'impressionnant rétropédalage sur les chaudières au mazout

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Près de 600.000 ménages flamands possèdent toujours une chaudière au mazout. Ils ont eu chaud...

La levée de boucliers avait été spectaculaire, après l’annonce en début de week-end de la décision du gouvernement flamand d’interdire les nouvelles chaudières au mazout à partir de 2021 dans le cadre de son plan régional énergie-climat, alors que le pacte énergétique interfédéral prévoit de le faire en 2035. Brafco, la fédération belge des négociants en combustibles et carburants, parlait de "décision irrationnelle", aux "conséquences hallucinantes".

Près de 600.000 ménages flamands possèdent toujours une chaudière au mazout. Sur les réseaux sociaux, les imaginations s’enflammaient, imaginant un rush avant la date fatidique, puis des contrôles à la frontière linguistique pour éviter que des chauffagistes wallons ne remplacent en douce les chaudières en panne de ceux qui n’ont pas d’alternative – ou pensent ne pas en avoir.

"Quand vous faites une faute, vous devez la rectifier", a réagi Bart Tommelein; c’est chose faite. Sauf que l’épisode va laisser des traces.

Bart Tommelein ©BELGA

Lundi soir, le ministre flamand de l’Énergie Bart Tommelein (Open VLD) sortait du bois, et annonçait que l’interdiction n’était pas générale – ce qui est une compétence fédérale – mais concernait seulement les constructions neuves et les rénovations profondes, et que le gouvernement flamand plaiderait auprès du Fédéral pour une interdiction générale plus rapide qu’en 2035.

Ce rétropédalage spectaculaire serait-il la conséquence d’un lobbying particulièrement efficace des entreprises concernées, dont les fédérations affirmaient qu’elles combattraient la décision du gouvernement flamand "par tous les moyens possibles"? Il semble bien que non.

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"Il y a eu une communication trop forte", répond la porte-parole de Tommelein, qui explique que le plan énergie-climat prévoit bien que la mesure ne concerne que les nouveaux bâtiments et les rénovations énergétiques profondes. Ce qui est exact. Mais des slides diffusés par le cabinet omettaient cette nuance de taille, et le ministre lui-même retweetait, le 21 juillet, des articles présentant l’interdiction comme générale.

"Quand vous faites une faute, vous devez la rectifier", a réagi Bart Tommelein sur Twitter. C’est chose faite. Sauf que l’épisode va laisser des traces, et qu’une concertation avec le secteur et une communication plus nuancée auraient évité ces 48 heures de chaos.

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