La Belgique a importé pour 1,2 milliard d'euros d'électricité en 2018

©DEPECHE MAG/MAXPPP

Notre pays n’avait jamais payé autant pour ses importations d’électricité qu’en 2018.

C’est un record: en 2018, la Belgique a importé de l’électricité pour 1,151 milliard d’euros, montrent les statistiques de la Banque nationale de Belgique. L’année précédente, les Belges avaient déboursé deux fois moins. Il s’agit de chiffres bruts: la Belgique a aussi exporté de l’électricité, mais pour 213 millions d’euros seulement en 2018. Les importations nettes atteignent donc 938 millions d’euros – un record également.

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22% de l’électricité consommée en Belgique en 2018 venaient de l’étranger.

Ce n’est pas une grosse surprise: les chiffres publiés en janvier par le gestionnaire de réseau Elia montrent que 22% de l’électricité consommée en Belgique en 2018 venaient de l’étranger, près de trois fois plus que les 8% de 2017. Une situation qui s’explique par la faible disponibilité des centrales nucléaires – un réacteur sur sept seulement tournait de mi-octobre à mi-novembre, et le nucléaire a produit un tiers d’électricité en moins en 2018 qu’en 2017 – mais aussi par la logique de marché, qui pousse les fournisseurs à importer lorsque l’électricité est moins chère dans les pays voisins qu’en Belgique.

Elia en veut pour preuve les records horaires d’importations en septembre (4.850 MW) et en décembre (5.324 MW). Une analyse confirmée par la Creg, le régulateur fédéral du secteur énergétique. "L’augmentation des importations n’est pas forcément le signe d’une pénurie de capacités de production en Belgique. La part d’électricité produite par les centrales au gaz n’a, en effet, que très faiblement augmenté. Autrement dit, le marché a préféré recourir à des importations, qui se sont avérées meilleur marché, que de faire tourner ces centrales. Cela signifie que sans cette hausse des importations, le prix de l’électricité en Belgique aurait été plus haut encore que celui qu’on a connu."

"Le marché a préféré recourir à des importations, qui se sont avérées meilleur marché, que de faire tourner ces centrales."
Creg


En croisant les chiffres des importations et des exportations en volumes et en montants, on remarque toutefois qu’en 2018, le prix des importations (52,8 euros par MWh) diverge nettement de celui des exportations (47 euros par MWh), alors que les années précédentes, le différentiel était très réduit. En 2015, année record en matière de volumes bruts d’électricité importés, le prix des importations (40 euros par MWh) était même légèrement inférieur à celui des exportations (40,2 euros par MWh).

"En 2018, la Belgique a surtout exporté en début d’année, quand les prix étaient relativement bas, et importé en fin d’année, quand ils étaient plus élevés, analyse Stéphane Bocqué, communication manager à la Febeg, la fédération qui regroupe les fournisseurs d’énergie. Plus généralement, ces chiffres nous montrent que la Belgique a beaucoup misé sur les interconnexions, sans développer ses moyens de production pilotables. Un manque que devrait venir combler le CRM (le système de soutien aux centrales au gaz, NDLR), dont nous pensons qu’il assurera la sécurité d’approvisionnement, mais aussi qu’il aidera à stabiliser les prix en Belgique."

©Mediafin


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