La Belgique armée contre un black-out

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Alors que les fermetures de centrales au gaz se succèdent, le gouvernement a approuvé vendredi la création d’une réserve stratégique, activable en cas de besoin.

Le Conseil des ministres a approuvé sur proposition du Secrétaire d’État à l’Énergie, Melchior Wathelet, la création d'un mécanisme de réserve stratégique. De quoi garantir la sécurité d’approvisionnement tout en réussissant la sortie du nucléaire.

L’idée? Garder certaines de ces centrales mises hors marché dans une réserve, à laquelle Elia pourra faire appel pour venir en renfort du reste du parc de production électrique quand les circonstances l’exigent.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, Elia, devra donc chaque année avant le 15 novembre analyser la situation et les risques pour la sécurité d’approvisionnement en Belgique pour l’hiver suivant. Sur base de cet avis, le ministre de l’Énergie décidera de la nécessité de constituer une réserve stratégique et la hauteur de celle-ci.

Elia s'occupera ensuite des appels d’offres nécessaires à la constitution de cette réserve stratégique.

Toutes les centrales, qui ont annoncé leur fermeture et les centrales fermées temporairement, sont appelées à participer à cet appel d'offres. Les industriels qui acceptent de réduire leur consommation pendant les pics de consommation pourront également participer à cette mise en concurrence.

Enfin, le régulateur, la CREG, sera chargé du contrôle du coût de la réserve et approuvera les règles de son fonctionnement.

Éviter le Black out

Les annonces de fermetures de centrales au gaz se multiplient, faute de rentabilité. Le problème, c’est que quelques heures ou quelques dizaines d’heures par an, certaines d’entre elles sont nécessaires pour répondre à la demande. Si elles ne peuvent pas être redémarrées en cas de nécessité, la Belgique risque le "black-out", avertissait encore le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Elia il y a moins de trois semaines.

Difficile, actuellement, d’estimer le coût du système, d’autant qu’il ne devrait entrer en vigueur que l’hiver prochain. La taille de cette réserve aura bien entendu une influence importante sur la facture. Selon nos informations, les évaluations se situent dans une fourchette de 0 à 1 euro par mégawattheure — soit entre 0 et 3,5 euros par an pour un ménage moyen, selon qu’on privilégie des hypothèses très optimistes ou très pessimistes. Une partie, voire la totalité des coûts, devrait être couverte par les tarifs de déséquilibre qu’Elia impose aux acteurs du secteur en situation de crise.

Vilvorde et Seraing

Les centrales susceptibles de participer à cette réserve sont, aujourd’hui, celle de Vilvorde, dont E.ON a annoncé publiquement l’arrêt définitif en novembre, et celle de Seraing, dont EDF Luminus a notifié la mise sous cocon pour juillet 2014. À moins que les mesures prises par le gouvernement pour améliorer la rentabilité des centrales existantes n’amènent les propriétaires à revoir leur copie. Mais le pessimisme prévaut dans le secteur quant à la rentabilité des centrales au gaz, non seulement aujourd’hui, mais aussi à court et moyen terme.

Les petites centrales d’Angleur et Izegem, dont EDF Luminus a annoncé ce lundi en conseil d’entreprise la fermeture temporaire, n’entreront vraisemblablement pas en ligne de compte.

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