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La chasse aux mégawatts se poursuit

©BELGA

Les différentes pistes identifiées pour diminuer le risque de pénurie d’électricité ne suffisent pas: il faut encore 700 à 900 MW supplémentaires, estime Elia.

Les 750 MW supplémentaires identifiés la semaine dernière et l’avancement du rechargement de Tihange 1 ne suffiront pas, a expliqué Chris Peeters, le CEO d’Elia, le gestionnaire du réseau belge à haute tension, qui était entendu ce mardi matin en commission Economie de la Chambre, ce mardi.

Elia souligne toutefois qu’en une semaine, les périodes problématiques et le risque de délestage ont diminué. Mais il n’a pas communiqué de nouveaux chiffres sur le nombre d’heures à risque. On a appris ce lundi que vendredi dernier, Elia chiffrait le risque de pénuries d’électricité à 267 heures en cas d’hiver normal, et à 417 heures en cas d’hiver exceptionnel. Des chiffres qui prenaient en compte les 750 MW supplémentaires, mais pas la révision du calendrier de l’arrêt de Tihange 1.

Depuis, l’arrêt de Tihange 1 a été avancé, pour qu’il soit disponible 11 jours de plus en novembre. Des mégawatts supplémentaires ont aussi été grapillés avec notamment la révision de l’entretien de COO 5 et de la centrale de Rodenhuize 4. Mais c’est encore loin de suffire. Il manque toujours 700 à 900 MW pour assurer la sécurité d’approvisionnement cet hiver. Et ce à condition que toutes les centrales nucléaires redémarrent aux dates prévues et que toutes les pistes de solutions identifiées se concrétisent.

"Nous avons eu hier une très bonne nouvelle: RTE, le gestionnaire du réseau français, prévoit qu’en novembre 1.000 MW devraient être disponibles pour être exportés vers la Belgique, même en cas d'hiver très froid comme il n'en existe qu'une fois tous les 10 ans", souligne Chris Peeters, qui ajoute que des mesures additionnelles sont à l’examen. "Pour novembre, la situation s’est améliorée, même si elle restera difficile en cas d’hiver exceptionnel. Pour le reste de l’hiver, il y a toujours un risque élevé de pénuries. Nous sommes toujours à la recherche de solutions pour janvier et février", ajoute le CEO d'Elia.

Parmi les pistes évoquées au sein de la task-force qui cherche des solutions à la demande du gouvernement: la possibilité de relancer dès janvier Tihange 3 "en toute sécurité". Une piste qui pose question, puisque les travaux de réparation du béton dans le bunker qui abrite des systèmes de secours ne seront pas terminés à ce moment-là.

Lors de la séance de questions et réponses qui a suivi l'audition d'Elia, mais aussi celles du Bureau du Plan, de la Creg et d'Electrabel, il a été beaucoup discuté de la responsabilité des uns et des autres. "La ministre dit s'appuyer sur Elia, Elia sur les données d'Engie lectrabel, qui fait finalement ce qu'il veut" a lancé le député Ecolo Jean-Marc Nollet. Ce à quoi Thierry Saegeman, le directeur du nucléaire chez Electrabel, a répondu que l'entreprise avait toujours suivi strictement les règles concernant les communications vis-à-vis du marché. "Mais en tant que citoyen, j'obesrve qu'on pouvait se poser des questions pour l'hiver. Les informations montraient que deux unités devraient tourner. Pour les autres, c'était au ras des paquerettes."

La Creg s'en est par ailleurs pris violemment à Elia et à la manière dont elle calcule les capacités d'interconnnexion disponibles. "Le modèle d'Elia manque de transparence, a asséné Andreas Tirez, un des directeurs du régulateur fédéral du secteur de l'énergie, et ses résultats ne sont pas consistants avec la réalité. Nous demandons, comme nous l'avons déjà fait l'an dernier, d'avoir accès au modèle d'Elia, aux hypothèses et aux données."

Le CEO d'Elia, Chris Peeters, a contre-attaqué encore plus durement. "Nous n'avons pas besoin d'un professeur de magie qui viendrait nous donner des leçons" a-t-il répondu à la Creg.

"La dégradation du béton a été sous-estimée", selon l'AFCN

Autre sujet débattu à la Chambre ce mardi après-midi: la dégradation du béton constatée dans les parties non nucléaires de deux centrales nucléaires. Selon le directeur général de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), Frank Hardeman, cette dégradation avait été sous-estimée car "on a longtemps considéré que c'était une dégradation de béton sans impact sur la structure", a ainsi expliqué le patron de l'AFCN tout en précisant aux parlementaires que c'est pour cette raison que la maintenance a dans un premier temps été "superficielle".

Les parties des centrales nucléaires affectées par les problèmes de dégradation de béton concernent des systèmes de sécurité de réserve. Mais ils doivent être opérationnels pour assurer le fonctionnement de la centrale contre, par exemple, les chutes d'avion. Le réacteur Doel 3 en a été affecté mais est redevenu opérationnel après réparation du béton touché par l'humidité, tandis que Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3 sont à l'arrêt pour cause à la fois de révision planifiée et de réparation de leurs bétons.

Frank Hardeman ajoute que le problème est maintenant traité de manière "pro-active" par l'exploitant Engie Electrabel.

 

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