La consommation d'électricité des Belges continue à baisser

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La tendance observée ces dernières années se confirme en 2018: la consommation d’électricité des ménages et des PME est en baisse. Ce n’est pas le cas, par contre, de celle des grands industriels.

Alors que les ménages et les PME avaient consommé 54 TWh d’électricité en 2017, ils n’ont plus consommé que 53,8 TWh en 2018, montrent les statistiques publiées tout récemment par Synergrid. Une légère baisse, mais qui confirme une tendance structurelle. En 2008, la consommation d’électricité des ménages et des PME atteignait encore 57,4 TWh.

"Une partie de la diminution des prélèvements sur le réseau est contrebalancée par l’autoproduction locale, observe Bérénice Crabs, secrétaire générale de Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseau d’électricité et de gaz. Une autoproduction locale qui n’est pas mesurée, et pour laquelle nous ne possédons que des estimations. Mais même en tenant compte de cette autoproduction, la baisse de la consommation d’électricité des ménages et des PME se confirme." Et ce, malgré le développement de nouveaux usages, liés à la digitalisation ou aux pompes à chaleur, notamment.

"Même en tenant compte de l’autopro-duction, la baisse se confirme."
Bérénice Crabs
Secrétaire générale de Synergrid

L’explication? L’efficacité énergétique. "Elle résulte à la fois d’un changement de comportement des fabricants et des utilisateurs, analyse Philippe Massart, directeur de la communication chez Sibelga, le gestionnaire de réseau bruxellois. Il y a le remplacement d’une série d’appareils, notamment les frigos, au profit d’appareils plus économes. Et dans certains cas, les utilisateurs n’ont pas le choix: la disparition des ampoules à incandescence les pousse à se tourner vers des LED. Sur Bruxelles, cela fait plus de 5 ans que nous observons, chaque année, une légère diminution de la consommation d’électricité, alors que dans les années 80, on connaissait encore une croissance de près de 10% par an."

La grande interrogation? L’évolution de cette consommation d’électricité dans les années à venir. "Tout dépendra de l’importance des véhicules électriques dans la mobilité, et de l’évolution d’autres applications comme les pompes à chaleur", poursuit Philippe Massart.

L’effritement de la consommation électrique observé en Belgique est loin d’être un cas isolé. Deux analystes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) soulignaient récemment que si la demande d’électricité est en nette croissance dans le monde, elle a commencé à stagner, voir même à décliner, dans une série d’économies avancées. En fait, la demande a baissé, entre 2017 et 2018, dans 18 des 30 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie.

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Des industriels plus gourmands

En Belgique, la tendance n’est pas très claire, si l’on ajoute à la consommation des ménages et des PME celles des grands clients industriels. La consommation des entreprises raccordées directement au réseau de transport d’Elia est, elle, en hausse de 1%, à 28,3 TWh, contre 28 TWh l’année précédente. La consommation industrielle se rapproche ainsi des niveaux d’avant-crise. Il n’y a qu’en 2008 qu’elle avait été plus élevée, à 28,6TWh.

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La consommation des entreprises raccordées directement au réseau de transport d’Elia est, elle, en hausse de 1%, à 28,3 TWh, contre 28 TWh l’année précédente.

"On peut attribuer cette hausse à la bonne santé de l’économie, décode Bérénice Crabs. Un élément qui corrobore cette interprétation, c’est que le gaz consommé par les grands industriels est lui aussi en hausse." Une hausse plus importante encore, puisque les industriels raccordés au réseau de transport de Fluxys ont consommé 46,07 TWh, 5% de plus qu’en 2017.

Les grands industriels belges n’auraient-ils pas adopté autant de mesures d’efficacité énergétique que les ménages ou que leurs pairs dans d’autres pays? Toujours selon l’AIE, 40% du ralentissement de la demande d’électricité dans les économies avancées est en effet dû à l’efficacité énergétique dans l’industrie. Un phénomène qui ne transparaît pas dans les statistiques belges.

Autre point d’interrogation: l’évolution de la consommation de gaz des ménages et des PME. Une consommation qui est en hausse de 1% en 2018. "Je n’ai pas d’explication, reconnaît Bérénice Crabs. D’autant que les degrés-jours sont en baisse, ce qui aurait dû conduire à une baisse de la consommation."

Deux pistes d’explication tout de même: si l’on se concentre sur les mois de janvier, février, mars, octobre, novembre et décembre, durant lesquels les chauffages tournent, 2018 a été plus froid que 2017. Et si l’on observe la ventilation de la consommation de gaz sur les réseaux de distribution en Wallonie, ce sont les professionnels, et non les ménages, qui ont consommé davantage de gaz en 2018 que l’année précédente.

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