La conversion d'1,6 million de Belges au gaz riche est bien partie

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Entre 2018 et 2029, la Belgique doit convertir les installations de gaz d’1,6 million de ménages et d’entreprises. Les premières opérations se passent sans trop d’anicroches, même si certains particuliers se plaignent des frais facturés par leur chauffagiste.

La première opération d’envergure a eu lieu en 2018, et concernait des industriels directement raccordés au réseau de Fluxys ainsi que 53.000 ménages et PME desservis par Infrax et Eandis, en Flandre, et Resa, en Wallonie. "Chez nous, un peu plus de 3.000 points de fourniture étaient concernés, à Hannut, Waremme, Berloz et Geer, indique Luc Warichet, directeur général adjoint chez Resa. Le 1er juin 2018, à 9h, Fluxys a fermé une vanne et en a ouvert une autre, pour alimenter l’entièreté des clients en gaz riche. Comme notre réseau distribuait déjà le gaz à une pression de 21 millibars, nous n’avons pas dû passer chez les clients, mais nous les avons avertis dans plusieurs courriers qu’ils devaient faire vérifier leurs appareils. Et tout s’est bien passé."

La cause de ce remue-ménage? Les Pays-Bas vont petit à petit fermer le robinet des exportations de gaz naturel à bas pouvoir calorifique vers la Belgique. D’où l’obligation d’adapter les infrastructures de transport et de distribution de gaz, mais aussi de vérifier la compatibilité des installations des entreprises et des ménages avec le gaz riche de Norvège, du Royaume-Uni, du Qatar ou de la Russie.

"Une trentaine de coupures a été nécessaire, chez les clients qui n’avaient pas répondu à nos multiples sollicitations." Jean-Michel Brebant responsable communication chez Ores

Le chantier est de taille: il va falloir convertir, d’ici 2029, 1,6 million de ménages et d’entreprises. Sont notamment concernés: Bruxelles, une grosse partie du Brabant wallon et quelques communes dans le nord des provinces de Hainaut, de Namur et de Liège.

Le 1er juin prochain, ce sont plus de 11.000 clients du réseau de distribution d’Ores dans le Brabant wallon et la province de Namur qui vont passer à ce gaz riche. "Chez une partie d’entre eux, nous devons intervenir à domicile ou en trottoir, pour modifier la pression de l’écrêteur, indique Jean-Michel Brebant, responsable de la communication du gestionnaire de réseau. Près de 99% des installations ont déjà été converties. Dans la majorité des cas, les clients sont bien informés et se montrent très coopératifs. Une trentaine de coupures a toutefois été nécessaire, par sécurité, chez des clients qui n’avaient pas répondu à nos multiples sollicitations. Mas depuis, leur installation a été adaptée et ils sont réalimentés en gaz."

Un site internet spécifique a été mis sur pied (www.legazchange.be), pour informer les particuliers, les entreprises et les installateurs. Des séances d’information spécifiques ont aussi été organisées pour les installateurs. "Nous étions préparés à répondre à beaucoup de demandes, mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu que quelques dizaines de questions", observe Steven Van Caekenberghe, general manager de gas.be, l’association des gestionnaires de réseau de gaz en Belgique, qui pilote le projet.

Des plaintes sur le coût

Une critique revient tout de même régulièrement, constate Ores: certains clients se plaignent des coûts de vérification de leurs appareils par leurs chauffagistes. A quelle facture doit-on s’attendre? "Nous n’avons pas reçu de feedback spécifique, indique Steven Van Caekenberghe. Nous plaidons pour que ce contrôle soit intégré dans l’entretien de la chaudière. Il ne devrait donc pas y avoir de supplément, ou très peu."

Le gestionnaire de réseau bruxellois Sibelga est actuellement occupé à avertir la deuxième vague de clients concernés, les 163.000 clients qui passeront au gaz riche en juin 2021. "Précisément pour leur laisser le temps de faire vérifier leurs appareils dans le cadre du contrôle périodique obligatoire", souligne Iris Fostiez, responsable communication chez Sibelga.

Dans la toute grande majorité des cas, il ne devrait pas y avoir de problème. "Tous les appareils à partir de 1978 sont compatibles avec les deux types de gaz, rassure Steven Van Caekenberghe. Pour certains d’entre eux, un réglage est toutefois recommandé, pour optimaliser le rendement, qui peut se faire lors de l’entretien. Ce n’est pas grave si c’est quelques mois avant ou quelques mois après la conversion." Et pour le remplacement des appareils les plus anciens, des primes sont disponibles.

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