La course à la succession d'Isabelle Kocher se resserre chez Engie

La seule femme dirigeante du CAC 40 avait été remerciée en février dernier en raison des divergences avec son conseil d'administration. ©jonas lampens

Le prochain directeur général d'Engie doit être nommé avant la fin du mois de septembre. Trois candidats semblent sortir du lot alors que l'échéance approche à grands pas.

Ça balance pas mal à Paris. Enfin, surtout à La Défense, quartier général du géant français de l'énergie Engie. C'est en effet ce mois-ci que le conseil d'administration du groupe doit désigner le successeur d'Isabelle Kocher, remerciée en février dernier, et la presse française commence à s'agiter.

Pour rappel, la seule femme dirigeante du CAC 40 avait fait les frais de sa trop forte tendance à imprégner la stratégie de son image, se heurtant ainsi régulièrement aux volontés de son conseil d'administration et de son actionnariat.

8
milliards €
À terme, le programme de cession d'actifs devrait rapporter 8 milliards d'euros à Engie.

Isabelle Kocher avait notamment longtemps insisté sur l'importance de la place des "services" dans les activités d'Engie, en dépit des réticences de Jean-Pierre Clamadieu, le président du groupe. Une stratégie depuis revue, alors que l'énergéticien a annoncé opérer un "recentrage stratégique" supposé déboucher sur un large programme de cessions d'actifs visant, entre autres, deux tiers des activités de services de l'entreprise et un montant total de 8 milliards d'euros. Désormais, ce sont les infrastructures et le renouvelable qui figurent en tête des priorités du dirigeant à venir.

3 candidats en lice

Depuis le départ d'Isabelle Kocher, c'est un triumvirat de directeurs, emmené par Claire Waysand, qui mène le bateau Engie. Mais, alors que ce règne par intérim touche à sa fin, trois noms semblent composer la liste finale.

Et, contrairement aux premières rumeurs, ni Dominique Leroy, tout juste nommée chez Deutsche Telekom, ni l'actuelle CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, ne figurent sur la short list.

Ici, citant des sources internes, la presse française avance les noms de Gwenaelle Avice Huet, directrice adjoint en charge de l'Amérique du Nord et des énergies renouvelables chez Engie, Catherine Guillouard, l'actuelle PDG de la RATP, et Laurent Guillot, directeur général adjoint de Saint-Gobain, comme candidats potentiels.

"Il faut quelqu'un de loyal, avec de fortes compétences opérationnelles et une grande expérience dans la transformation de sociétés. De préférence une femme."
Une source proche du dossier

Pour beaucoup d'observateurs, outre le curriculum vitae, le sexe du successeur aura son importance. Depuis le départ d'Isabelle Kocher, l'ensemble du CAC 40 est en effet dirigé par des hommes. "Il faut quelqu'un de loyal, avec de fortes compétences opérationnelles et une grande expérience dans la transformation de sociétés. De préférence une femme", nous avait d'ailleurs confié une source bien informée en février dernier. Notons aussi que l'État français, actionnaire à 24% de l'énergéticien, aura son mot à dire.

Le dossier Suez

Autre dossier chaud du côté de Paris, la cession de Suez, numéro 2 français des services à l'environnement, devrait fortement occuper les semaines de la nouvelle direction d'Engie. Le groupe, actionnaire à 32% de Suez, s'apprête en effet à lâcher ses parts, en ligne avec sa stratégie de recentrage sur les métiers ayant un lien plus direct avec l'énergie.

3
Milliards €
La vente de Suez devrait rapporter autour de 3 milliards d'euros à Engie.

Cheval de bataille d'Isabelle Kocher en son temps, la vente de l'ancien "Suez Environnement" devrait rapporter autour de 3 milliards d'euros au groupe. Une offre soumise par son concurrent principal et numéro 1 du secteur, Veolia, s'est d'ailleurs attirée les foudres de Bertrand Camus, le directeur général de Suez. Cette dernière valorise la société à 15,50 euros par action, soit un montant total de 2,9 milliards d'euros.

Parmi les reproches adressés à Veolia, Bertrand Camus note la sous-valorisation de ses actifs et les risques pour l'emploi causés par une telle fusion. Notons que Suez compte 2.500 collaborateurs en Belgique.

Interrogé par France Info ce lundi, Jean-Pierre Clamadieu a indiqué que l'offre de Veolia sous-estimait quelque peu la valeur de Suez et n'a fermé aucune porte quant à la suite, déclarant: "si l’équipe de Suez souhaite développer un autre projet, nous le regarderons avec attention". Affaire à suivre.

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