La disponibilité du parc nucléaire belge au secours d'Engie en 2019

Jean-Pierre Clamadieu, le président d'Engie, a indiqué qu'un délai de 6 à 12 mois serait nécessaire à la nomination d'un nouveau CEO pour le groupe. ©AFP

Le géant de l'énergie français Engie présente un bénéfice net stable sur l'année écoulée malgré une meilleure disponibilité de ses centrales nucléaires et les plus-values réalisées sur certaines cessions d'actifs. L'augmentation des provisions nucléaires n'est pas étrangère à ces résultats en demi-teinte.

Pas d'Isabelle Kocher dans le quartier général d'Engie à Paris ce jeudi. Récemment remerciée par son conseil d'administration, celle qui fut la seule femme dirigeante d'une entreprise du CAC 40 pendant près de quatre ans a en effet cédé sa place à un trio de directeurs adjoints et à un président du conseil d'administration, Jean-Pierre Clamadieu, tout sourires pour décrypter les résultats 2019 de l'énergéticien.

0,80 euro
par action
Engie propose un dividende de 0,80 euro brut par action, en hausse de 7% par rapport au dividende ordinaire de 2018.

A ce sujet, le géant se veut rassurant. Engie a présenté un bénéfice net stable à 1 milliard d'euros et un excédent brut d'exploitation (ebitda) en hausse de 6,8% à 10,4 milliards en 2019, supérieur à ses attentes et aux prévisions des analystes. Comme explications, les dirigeants ad interim de l'entreprise avancent la bonne disponibilité du parc nucléaire belge, à 79% contre 52% en 2018, ainsi que les plus-values réalisées sur la cession de certaines activités carbonées, notamment des centrales à charbon en Asie et en Europe. Du reste, l'énergéticien annonce maintenir ses priorités opérationnelles, axées sur le développement des énergies renouvelables, des services et du gaz. Les actionnaires bénéficieront d'un dividende par action de l'ordre de 0,8 euro, soit 7% de plus qu'en 2018.

"La meilleure façon de s'assurer que la transition énergétique se fasse de manière compétitive pour l'entreprise et abordable pour nos clients est de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. C'est pourquoi nos activités se basent sur trois piliers: le renouvelable, le gaz et les solutions énergétiques", a déclaré Claire Waysand, la CEO par intérim du groupe. En 2019, Engie a mis en service près de 3 GW en énergies renouvelables, dont deux tiers d'éolien, ce qui représente, d'après les mots du COO Paulo Almirante, "un événement sans précédent dans l'histoire du groupe".

L'urgence du nucléaire belge

Nous avons besoin d'une réponse des autorités belges avant la mi-2020.
Jean-Pierre Clamadieu
Président du CA d'Engie

S'il est évident que le développement des pôles susmentionnés façonnera la transformation du groupe français, le nucléaire belge n'en reste pas moins une pièce essentielle de son portefeuille. Même si la bonne disponibilité des réacteurs et la hausse du prix de l'électricité vendue de 2 euros par MWh auront contribué aux résultats enregistrés en 2019, le spectre de 2025 et de la sortie du nucléaire plane sur l'énergéticien, alors qu'un gouvernement tarde à se former en Belgique et que la question d'une éventuelle prolongation reste en suspens.

L'an dernier, 2,1 milliards de provisions additionnelles sont en effet venus grever les comptes d'Engie. A l'horizon 2020-2022, le groupe retient près de 4 milliard d'euros pour continuer de financer les centrales. "Nous voulons la clarté sur le nucléaire pour pouvoir nous préparer à une éventuelle clôture des réacteurs", a martelé Jean-Pierre Clamadieu. "Nous avons besoin d'une réponse des autorités belge avant la mi-2020", a-t-il insisté.

Un nouveau CEO sous 6 à 12 mois

L'autre sujet brûlant, celui de la succession d'Isabelle Kocher, a été balayé d'un revers de main par le président d'Engie, même s'il indique qu'il faudra vraisemblablement 6 à 12 mois afin de trouver le "candidat idéal".

Pour 2020, le groupe français dit se reposer sur le développement du renouvelable, du gaz et des solutions clients pour doper sa croissance, tout en continuant de réduire la part occupée par le charbon (3.500 MW installés) dans son portefeuille d'activités. La contribution du nucléaire, elle, devrait augmenter, malgré une baisse prévue des volumes produits. En chiffres, le groupe annonce tabler sur une hausse de son ebidta de 10,4 à entre 10,5 et 10,9 milliards d'euros.

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