La distribution de l'électricité et du gaz plus chère en Wallonie

Les Belges ne sont pas tous égaux devant l’énergie. Selon les intercommunales, les tarifs de distribution vont du simple au double.

Les Belges ne sont pas tous égaux devant l’énergie. En gaz comme en électricité, les tarifs de distribution varient fortement d’une intercommunale à l’autre.

Pour les particuliers, en électricité, cette partie de la facture passe de 137 euros à Wavre à 278 euros chez Interest, l’intercommunale qui dessert notamment les communes d’Eupen et de Malmedy.

Toujours pour les particuliers, mais en gaz, les coûts annuels de distribution passent de 178 euros chez Intergas, en Brabant flamand, à 347 euros chez IGH, dans le Hainaut.

Plus encore pour les PME

Pour un petit industriel, ces différences sont plus sensibles encore, la facture étant plus élevée (voir le tableau ci-contre). La différence dans les tarifs de distribution entre l’intercommunale la moins chère et la plus chère peut dépasser les 7.000 euros par an en gaz, et les 4.000 euros par an en électricité.

Parmi les dix gestionnaires de réseaux les moins chers pour la distribution d’électricité, on ne trouve que des intercommunales flamandes. A une exception près : la Provinciale Brabançonne d’Energie (PBE W), qui se classe deuxième. Mais il s’agit en réalité des quatre communes wallonnes desservies par l’intercommunale flamande PBE, Villers-la-Ville, Chastre, Perwez et Incourt...

A Bruxelles, Sibelga se trouve elle quasi à mi-chemin entre l’intercommunale la moins chère et l’intercommunale la plus chère.

Dans le gaz, la situation est légèrement plus contrastée. Deux intercommunales wallonnes se hissent en effet dans le top trois des distributeurs les moins chers. Mais l’une d’entre elle, Simogel, ne dessert que les communes d’Estaimpuis, Mouscron et Pecq. L’autre est l’Association Liégeoise du gaz, une intercommunale 100% publique. Toutes les autres intercommunales wallonnes se retrouvent avec des tarifs de distribution au-dessus de la moyenne.

Sibelga, ici, affiche les tarifs les plus chers après Interlux, l’intercommunale qui dessert la province de Luxembourg.

Ces différences de tarifs pèsent d’autant plus sur le portefeuille des ménages et sur les comptes des entreprises qu’ils portent sur une partie de la facture énergétique qui a fortement augmenté ces dernières années. En effet, entre 2007 et 2009, les tarifs de distribution ont grimpé de près de 35% pour l’électricité et de 28% pour le gaz. Une évolution que la Creg, le gendarme du secteur énergétique, a déjà dit regretter, et qui s’explique par le fait que la législation adoptée en la matière s’est éloignée de l’arrêté royal que proposait la Creg, suite à la pression de gestionnaires de réseaux.

Les Wallons perdants

Même en faisant des moyennes par Région, les petits consommateurs industriels wallons se retrouvent désavantagés par rapport à leurs homologues flamands. En gaz, leur facture moyenne atteint 88.175 euros en Wallonie. C’est 1,6% de plus que la facture totale moyenne en Flandre. Les PME bruxelloises, elles, paient encore davantage: 90.627 euros par an, soit 4,4% de plus que leurs homologues flamands, et 2,8% de plus que leurs homologues wallons.

En électricité, la facture annuelle moyenne atteint 21.411 euros en Wallonie, près de 4% de plus qu’en Flandre. Les petits industriels installés à Bruxelles sont, ici, avantagés: avec une facture totale de 20.109 euros, ils paient 2,3% de moins que leurs homologues flamands, et 6% de moins que leurs collègues wallons.

Des différences explicables...

La grande disparité observée dans les tarifs de distribution énergétique repose, en partie, sur des différences objectives.

Ainsi, les coûts ne sont pas les mêmes pour un réseau électrique majoritairement enterré que pour un réseau aérien. Surtout, la densité de population de la zone desservie a un impact direct important sur le nombre de kilomètres du réseau, et donc son coût par client. Mais cela n’explique pas tout: l’intercommunale la moins chère en électricité est Inter-Energa, active dans le Limbourg, qui ne se caractérise pas vraiment par la densité de sa population.

Les obligations de service public imposées aux gestionnaires de réseaux , qui varient de Région à Région, pèsent aussi. "Ainsi, en Flandre, les kilowattheures gratuits distribués aux ménages sont répercutés sur les tarifs de distribution, tout comme le coût des certificats verts", explique la Creg. Et à Bruxelles, par contre, les obligations liées aux clients protégés pèsent plus lourd, en moyenne.

... et d’autres qui le sont moins

Les différences de contraintes n’expliquent pas tout... "L’efficacité des gestionnaires de réseaux influence également la facture, note la Creg. La manière dont ils gèrent leurs coûts et leur productivité pèse également ."

 


 

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