La fusion entre distributeurs d'énergie wallons, une fausse solution

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Interrogé par la Cwape, le consultant Schwartz ne voit pas un gain d'efficacité dans une fusion entre acteurs wallons. Il privilégie des synergies.

Faut-il fusionner les gestionnaires du réseau de distribution de gaz et d’électricité (GRD) en Wallonie? La question revient à chaque législature et dans sa déclaration de politique, l’actuel gouvernement wallon disait qu’il "prendra les décisions adéquates afin d’encourager à développer des synergies voire une fusion entre les GRD". Un avis commandé au consultant Schwartz par la Cwape (Comission wallonne de l'énergie, l'organisme de régulation des marchés wallons de l'électricité et du gaz) dans le cadre de l’évolution macro-économique du secteur pourrait mettre aux oubliettes cette idée.

"Le paysage actuel de la distribution ne présente pas d’inefficacité manifeste tant par rapport à la taille des structures qu’au nombre d’entités la composant."
Rapport du consultant Schwartz

Un paysage pas si inefficace

Mais avant de plonger dans les enseignements de l’étude, un rappel du paysage wallon des GRD est indispensable. "La Région wallonne compte à ce jour deux GRD d’électricité et de gaz (Ores et Resa), et trois gestionnaires de réseaux de distribution d’électricité (AIEG, AIESH et REW). À eux deux Ores et Resa représentent 96,5% des points de fourniture d’électricité et la totalité des points de fourniture de gaz", rappelle le consultant qui, face à cet éclatement du paysage, se demande si une fusion d’un ou plusieurs GRD permettrait un gain en efficacité économique et opérationnelle.

Par ailleurs, Schwartz estime que "le paysage actuel de la distribution ne présente pas d’inefficacité manifeste tant par rapport à la taille des structures qu’au nombre d’entités la composant". Le rapport constate ainsi que "le nombre moyen d’habitants par GRD  est proche de la moyenne  observées sur les quatre pays voisins (Allemagne, France, Luxembourg et Pays-Bas), et trois de ces quatre pays ont des GRD significativement plus petits que les trois GRD wallons les plus petits.

La taille, ce n’est pas tout…

Quant à la question souvent évoquée d’une fusion entre les deux plus grands GRD wallons, ORES et RESA, le consultant semble perplexe en estiment que "l’efficience économique n’est pas non plus directement corrélée à une grande taille, comme le montre le résultat des benchmarks du régulateur allemand, et comme le laisse entrevoir certains ratios de productivité calculés pour les cinq GRD wallons."

"Une fusion pour aboutir à un GRD unique pourrait se traduire à moyen et long terme par une efficience globale moins bonne."
Rapport du consultant Schwartz

Bref, tout cela pour dire "qu’une fusion pour aboutir à un GRD unique pourrait se traduire à moyen et long terme par une efficience globale moins bonne qu’en conservant plusieurs petits acteurs".

À l’inverse, l’étude estime que cette "diversité entraîne une émulation entre GRD ainsi qu’une concurrence entre eux qui peut être une incitation à l’optimisation des coûts et de la qualité des services" et qui "permet au régulateur de comparer les GRD entre eux".

En guise d’alternative à la fusion, le rapport suggère une autre piste: "il nous paraît plus important d’améliorer l’efficience individuelle de chaque GRD, ce qui entrainerait  mécaniquement une amélioration de l’efficience du paysage de la distribution."

On en revient donc à la question de départ entre une fusion ou des synergies. "La mise en commun de certaines activités (achats groupés de matériel informatique, implémentation et exploitation se systèmes informatiques communes…)  entre tous les GRD pourrait également améliorer l’efficience individuelle de chaque GRD."

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