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La hausse des prix de l'énergie, mauvaise nouvelle de plus pour les entreprises

©Photo News

L'augmentation des prix de l'énergie constitue une nouvelle couche de hausse des coûts pour les entreprises.

N'en jetez, plus la coupe est pleine! Pour les entreprises confrontées comme les particuliers à la hausse des prix de l'énergie, cette nouvelle tuile vient encore réduire une marge déjà mise à mal par d'autres facteurs.

Il y a eu la crise sanitaire évidemment, qui a ralenti la demande et qui a provoqué des pénuries de certaines pièces. Avec en corollaire des hausses astronomiques des matières premières dans les secteurs de la construction, mais aussi pour les composants électroniques entre autres. Deuxième tranche: l'inflation qui repart à la hausse tambour battant. Le saut d'index annoncé provoquera une augmentation automatique des salaires et donc du coût de revient.

"Il est quasiment impossible pour les entreprises belges de répercuter cette triple augmentation de coût sur leur prix de vente."
Peter Claes
Directeur général de Febeliec

La flambée des prix de l'énergie vient donc comme une troisième couche à cette lasagne de mauvaises nouvelles. Avec parfois cependant des effets retard en fonction du type de contrat qui lient les entreprises à leur fournisseur. "Les plus gros consommateurs qui se fournissent sur le marché spot en subissent déjà les conséquences. Pour les autres, le coup viendra lors du renouvellement et de la renégociation des contrats", note Peter Claes, le directeur général de Febeliec, l'association des gros consommateurs d'électricité.

L'électricité est généralement considérée comme très (trop) chère en Belgique, ce qui crée un décalage de compétitivité au détriment des entreprises belges par rapport à leurs concurrents dans les pays voisins. L'argument n'est pas neuf et les fédérations professionnelles, FEB en tête, n'ont de cesse que de plaider la cause d'un rééquilibrage auprès du gouvernement. La cause semble aujourd'hui mieux entendue, du fait justement de cette flambée des prix. "Le gouvernement commence à faire des propositions pour transférer certaines taxes vers d'autres énergies. Cela va dans le bon sens, mais ce n'est sans doute pas encore assez", estime Frank Van De Marlier, chef économiste chez Agoria.

Le discours n'est pas neuf, mais il devient d'autant plus crucial en ces temps de hausse du prix à la production. En mars dernier, le rapport annuel effectué par Deloitte pour Febeliec montrait que les prix de l’électricité sont entre 7 et 27% plus élevés pour les consommateurs industriels belges, comparé à nos pays voisins. Alors que les prix "commodity" ont continué à converger grâce à une disponibilité nucléaire plus élevée en Belgique, les taxes, tant au niveau fédéral que flamand, ont augmenté en 2021. Les coûts du réseau de transmission restent relativement élevés également pour l'industrie belge, là où la France, les Pays-Bas et l’Allemagne octroient des réductions substantielles (jusqu’à 90%) pour ces profils.

27%
Les prix de l’électricité sont entre 7 et 27% plus élevés pour les consommateurs industriels belges comparé à nos pays voisins.

Seule "bonne" nouvelle, la hausse récente des prix de l'énergie ne provoque pas de décalage de compétitivité supplémentaire pour les entreprises belges. La hausse brutale des prix de l'énergie touche l'ensemble de l'Europe de la même manière. Peter Claes élargit cependant le champ: "Par contre, le Vieux Continent est le seul à facturer la tonne de CO2, ce que ne font pas les États-Unis ou l'Asie. Et compte tenu des prix astronomiques que l'on connait actuellement, l'impact de la hausse des prix de l'énergie est encore plus important en Europe."

On estime que produire un MWh d'électricité génère 0,4 tonne de CO2 pour une centrale au gaz, soit 24 euros au cours actuel. Le double pour une centrale au charbon. Un surcoût qui se retrouve évidemment dans la facture finale. "Mais il est quasiment impossible pour les entreprises belges de répercuter cette triple augmentation de coût sur leur prix de vente. Ce sont donc les marges qui risquent de se réduire, avec tous les risques que cela comporte", prédit Claes.

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