La moitié de l'Europe consultée dès le 15 avril sur la prolongation de Doel 1 et 2

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Une moitié de l'Europe pourra participer, du 15 avril au 15 juin prochains, à une enquête publique sur la prolongation jusqu'en 2025 des centrales nucléaires de Doel 1 et 2.

L'annonce de la consultation publique sur l'impact environnemental du maintien jusqu'en 2025 des centrales nucléaires de Doel 1 et 2 a été publiée ce vendredi au Moniteur. Une moitié de l'Europe pourra participer, du 15 avril au 15 juin prochains, à ce qui constitue la plus grande enquête publique jamais réalisée en Belgique. Ce devoir n'avait pas été réalisé en 2015 lorsque le gouvernement Michel avait prolongé les deux réacteurs de dix ans pour garantir la sécurité d'approvisionnement du pays en électricité, alors que la Belgique s'était engagée en 2003 à désactiver ces deux réacteurs à cette échéance.

Pointant du doigt ce manquement, deux associations environnementalistes (Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen) avaient obtenu l'an dernier de la Cour constitutionnelle l'annulation de la prolongation, avec toutefois maintien de ses effets jusqu'à la fin de 2022. La justice donnait ainsi à l'exécutif un délai pour faire adopter une nouvelle loi par le Parlement, précédée cette fois d'une évaluation des incidences sur l'environnement et d'une consultation publique transfrontalière. C'est cette consultation qui sera lancée le 15 avril, dans un rayon de 1.000 km autour de Doel. Un chiffre dans lequel il ne faut voir aucune obligation légale ni scientifique, mais bien le souhait d'inclure des pays qui, comme l'Autriche lors d'une étape antérieure de la procédure judiciaire devant la Cour de Justice de l'Union européenne, avaient souhaité pouvoir s'exprimer. Normalement, l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) ne requiert qu'un rayon de… 5 km pour ce type d'enquête publique.

"Dans un rayon de 1.000 km autour des centrales nucléaires Doel 1 et 2, les citoyens et les organisations peuvent faire connaître leurs préoccupations quant à l'impact environnemental de la prolongation de la durée de vie de ces centrales."
Tinne Van der Straeten
Ministre de l'Énergie

Outre les pays frontaliers de la Belgique (Pays-Bas, Luxembourg, France, Allemagne), les Britanniques, les Irlandais, les Danois, les Suisses, les Autrichiens, ainsi qu'une partie des Norvégiens, Suédois, Polonais, Tchèques, Slovaques, Hongrois, Slovènes, Croates ou Italiens pourront ainsi donner leur avis sur la prolongation de Doel 1 et 2, via un formulaire en ligne. "Nous lançons aujourd'hui la plus grande enquête publique jamais réalisée. Dans un rayon de 1.000 km autour des centrales nucléaires Doel 1 et 2, jusqu'en Suède donc, les citoyens et les organisations peuvent faire connaître leurs préoccupations quant à l'impact environnemental de la prolongation de la durée de vie de ces centrales", a commenté la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten. Elle rappelle que cette consultation publique transfrontalière est une obligation légale, confirmée par la Cour constitutionnelle. "C'est une bonne chose que les citoyens et les organisations soient entendus dans une telle décision", a souligné la ministre Groen.

Le rapport des incidences sur l'environnement et un résumé non technique de ce dernier seront disponibles dès le 15 avril dans les trois langues nationales (français, néerlandais, allemand) sur le site du Service public fédéral (SPF) Économie ainsi que sur un site dédié. Cette consultation publique est indépendante de la sortie du nucléaire et des travaux législatifs sur la capacité de remplacement flexible (CRM), souligne Mme Van der Straeten.

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