La moitié des 15 milliards de cessions d'actifs d'Engie réalisée via Electrabel

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Sur les 15 milliards d’euros de cessions d’actifs décidés par le groupe Engie, près de la moitié a été réalisée via Electrabel. Cela ne change rien pour la société belge, affirme son CFO. Sauf que la transformation de ces actifs en cash rend plus facile leur éventuel transfert vers la maison mère d’Electrabel. Un Electrabel qui clôture 2017 dans le rouge, avec une perte de 290 millions d’euros. Et l’année 2018 ne s’annonce guère plus riante.

Electrabel, c’est beaucoup plus que la production d’électricité et la fourniture d’énergie en Belgique. Dans la société anonyme belge sont en effet logées toute une série de participations en Europe et à l’international – la plus importante d’entre elles étant celle dans International Power. Résultat: une part très significative du plan de cession de 15 milliards d’euros d’actifs décidé par le groupe a été réalisée par la structure belge. "Environ la moitié de ce programme de trois ans a été réalisée via Electrabel", chiffre Patrick Gaussent, son CFO.

La transaction la plus importante réalisée en 2017? La cession par International Power, pour 3 milliards d’euros, de centrales thermiques aux Etats-Unis. Il y a eu aussi la vente par Electrabel de la centrale de Polaniec, en Pologne, ou des cessions d’actifs de production d’électricité au Royaume-Uni.

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Des transactions qui n’apparaissent pas en tant que telles dans les comptes 2017 d’Electrabel S.A. déposés à la Banque nationale. À quelles conditions se sont-elles faites? "Certaines ont donné lieu à une perte, d’autres étaient en ligne avec la valorisation dans nos livres, et d’autres encore ont donné lieu à une plus-value, indique Patrick Gaussent. Mais l’un dans l’autre, les valeurs dans nos livres ont été confirmées, et cela ne change rien pour Electrabel." Sauf que la transformation des actifs en cash rend plus facile, sans doute, leur éventuel transfert vers la maison mère d’Electrabel, le groupe Engie…

L’Echo l’annonçait il y a une dizaine de jours: Electrabel a versé en 2017 un dividende en nature de 1,6 milliard d’euros à sa maison mère. C’est même un peu plus, montrent les comptes d’Electrabel: ce dividende s’élève à 1,655 milliard. Et s’il vient réduire le montant des fonds propres d’Electrabel, il lui permet d’atténuer la perte de l’exercice. Il génère en effet une plus-value de 1,1 milliard d’euros dans les comptes de l’entreprise belge – c’est la différence entre la valeur d’acquisition de cet actif, Electrabel France, et sa valeur de réalisation.

5 années sur 6 dans le rouge

Les fonds propres d’Electrabel, eux, diminuent de près de 2 milliards d’euros en 2017, passant de 19,9 milliards fin 2016 à 18 milliards fin 2017. Une baisse qui s’explique par le fait qu’Electrabel a puisé dans ses réserves pour verser ce dividende, ce à quoi s’ajoute la perte réalisée durant l’exercice.

- 290 millions €
Electrabel clôture l’année 2017 sur une perte de 290 millions d’euros. C’est sa cinquième année dans le rouge sur les six dernières années.

Car Electrabel est à nouveau dans le rouge en 2017: il clôture l’année sur une perte de 290 millions d’euros. En six ans, c’est la cinquième année de perte pour le numéro un du secteur de l’énergie en Belgique.

C’est la faute aux problèmes liés à ses activités opérationnelles belges, qui se traduisent par un résultat d’exploitation négatif. En cause, principalement: la disponibilité du parc nucléaire, qui n’a été que de 80%, moins encore qu’en 2016 (83%), suite à l’arrêt prolongé de Tihange 1 et Doel 3 pour d’importants travaux de génie civil; et la politique de couverture d’Electrabel, qui ne lui permet de profiter qu’avec retard de la remontée des prix de l’électricité.

S’y ajoutent l’ajustement des provisions nucléaires – un ajustement étalé sur trois ans, qui pèsera encore sur les comptes de 2018 –, la constitution de provisions pour le plan de départs anticipés et volontaires, et des contrats d’approvisionnement et de transport de gaz déficitaires. Résultat: même si Electrabel maintient, globalement, ses parts de marché dans la fourniture de gaz et d’électricité et développe ses activités de services, le chiffre d’affaires est en recul et le résultat d’exploitation toujours dans le rouge – légèrement moins, toutefois qu’en 2016.

Le résultat financier, lui, s’est fortement amélioré, grâce à la plus-value sur le dividende évoquée plus haut. Un effet positif qui a toutefois été partiellement effacé par les réductions de valeur enregistrées sur une série de participations, principalement Engie Energie Nederland Holding, mais aussi Zandvliet Power ou Lillo Energy. Et ce résultat financier positif n’empêche pas Electrabel de clôturer sur une perte de 290 millions.

Autre évolution notable: les dettes financières d’Electrabel bondissent à 20,9 milliards d’euros, contre 12,5 milliards en 2016. "Cela s’explique principalement par le reclassement de la dette que nous avons vis-à-vis de Synatom (la filiale où sont logées les provisions nucléaires, NDLR), explique son CFO. Historiquement, elle était traitée comme une dette commerciale. Suite à la mise en place de conventions de prêts explicites, nous l’avons reclassée en dette financière."

Pour 2018, les perspectives ne sont guère meilleures, les mêmes causes produisant les mêmes effets. "L’année sera encore difficile, avec d’importants investissements à réaliser sur les centrales prolongées, dans un contexte difficile, confirme Patrick Gaussent. Nous allons devoir acquitter la dernière tranche de l’ajustement des provisions nucléaires, la disponibilité des réacteurs ne sera pas bonne, et nous allons encore ressentir l’impact de notre politique de hedging. "

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