La procédure de nomination pour la présidence de la Creg en passe de s'accélérer

Accusée par certains d'entraver l'indépendance du régulateur, Tinne Van der Straeten s'est vivement défendue rappelant sa satisfaction du travail effectué par la Creg et l'importance d'avoir un régulateur indépendant dans le pays. ©Photo News

En retirant une étude des mains de la Creg, la ministre fédérale de l'Énergie s'est attirée les foudres de la N-VA et a ravivé les interrogations concernant la gouvernance du régulateur.

Ces dernières semaines, l'actualité brûlante autour de la décision d'Engie Electrabel d'interrompre ses projets liés à la prolongation des centrales nucléaires du pays a quelque peu relégué une question, d'apparence anodine, au second plan.

"Nous en avons discuté avec la Creg et celle-ci est satisfaite de la clarification apportée. Elle nous fournira l'intégralité des travaux qu'elle avait entamés."
Tinne Van der Straeten
Ministre fédérale de l'Énergie

Le 19 novembre dernier, De Standaard dévoilait la décision de la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) de retirer du giron du régulateur fédéral de l'énergie (Creg) la conduite d'une étude portant sur le coût que les consommateurs seraient prêts à payer pour éviter une coupure d'électricité. Une décision qui a été tièdement accueillie par certains parlementaires fédéraux.

L'étude en question, importante dans le cadre du mécanisme de soutien aux capacités de productions électriques (CRM), essentiel au futur énergétique du pays, a dès lors été confiée au Bureau fédéral du Plan et à l'administration fédérale. Interrogée sur ce point en commission parlementaire, la ministre a déclaré: "nous en avons discuté avec la Creg et celle-ci est satisfaite de la clarification apportée. Elle nous fournira l'intégralité des travaux qu'elle avait entamés."

Accusée par certains d'entraver l'indépendance du régulateur, Tinne Van der Straeten s'est vivement défendue rappelant sa satisfaction du travail effectué par la Creg et l'importance d'avoir un régulateur indépendant dans le pays.

3 candidats en lice

Sans président depuis 2018 et avec des directeurs ayant dépassé leur mandat depuis 2019, la Creg se doit de retrouver de la voix. Ceci est d'autant plus vrai que sa position quant aux besoins de capacités de production d'électricité additionnelles à faire entrer dans le CRM diverge de celle d'Elia, le gestionnaire du réseau de transport. En l'espèce, Elia évalue à 3,9 GW la capacité à ajouter, au grand dam de la Creg qui juge le chiffre surestimé, au point de remettre en question la nécessité même du mécanisme.

Et pour faire la clarté sur ce genre de décisions lourdes de conséquences, la procédure de nomination d'un président devrait peut-être s'accélérer. En effet, le calendrier visant à la mise en œuvre du CRM et celui imposé par Engie Electrabel concernant une éventuelle prolongation des centrales (avant 2021, alors que le gouvernement vise une évaluation des besoins en fin d'année prochaine) sont des plus serrés.

Pour rappel, la ministre sortante Marie Christine Marghem (MR) avait entamé le processus, retenant trois candidats, soit l'étape ultime avant une nomination par le Conseil des ministres. Tinne Van der Straeten va-t-elle s'en inspirer ou décider de tout recommencer?

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