La réserve stratégique... pour un an seulement

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A la suite des questions de la Commission européenne, la ministre Marghem va constituer une réserve stratégique en électricité, pour l’hiver prochain seulement.

La réserve stratégique que la Belgique se prépare à mettre en place pour faire face aux possibles pénuries d’électricité le sera pour l’hiver 2017-2018 seulement.

La ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem avait pourtant prévu de constituer, d’ici le 1er novembre, une réserve stratégique basée uniquement sur des contrats valables pour les trois hivers à venir. Elle espérait obtenir des prix plus favorables. Cela n’a pas été le cas.

Les neuf offres rentrées émanent de centrales au gaz mises à l’arrêt et de gestionnaires de la demande. Ces centrales pourraient certes être redémarrées rapidement en cas de besoin. Quant aux gestionnaires de la demande, ils pourraient être prêts à diminuer la consommation de leurs clients.
Ces offres ont toutefois toutes été jugées "manifestement déraisonnables" par la Creg, le régulateur fédéral du secteur énergétique.

En outre, les autorités européennes de la concurrence se posent un certain nombre de questions sur cette réserve, mise en place par le prédécesseur de Marie-Christine Marghem (MR), Melchior Wathelet (cdH), sans notification officielle à la Commission européenne. Cette notification est actuellement en cours, ce qui contrait en principe la Belgique à une obligation de ‘standstill’: elle ne peut poser des actes qui pourraient constituer une infraction aux règles européennes tant que l’Europe n’a pas donné son aval.

"Je n’entrevois pas la possibilité d’entrer dans l’hiver sans une réserve stratégique d’une certaine puissance."
Marie-Christine Marghem
Ministre fédérale de l’énergie

"Nous allons voir avec la Commission européenne comment nous allons agir pour l’hiver prochain. Pour les hivers suivants, nous ferons évoluer, si nécessaire, le cadre législatif", a déclaré la ministre en commission économie de la Chambre, en réponse aux questions de plusieurs députés.

La réserve stratégique belge, mise en place pour la première fois pour l’hiver 2014-2015, a jusqu’ici travaillé à la fois avec des contrats d’un an et des contrats de 3 ans.

La ministre n’a pas précisé quel serait le volume contracté pour l’hiver à venir. "Il est possible que ce soit moins que les 900 MW prévus sur base des estimations probabilistes d’Elia, mais je n’entrevois pas la possibilité d’entrer dans l’hiver sans avoir constitué une réserve stratégique d’une certaine puissance", a-t-elle déclaré.

L’administration de l’énergie a pris contact avec les différents offrants pour voir ce qu’il était possible de faire pour aboutir à des prix plus raisonnables, même si la législation prévoit que la ministre pourrait imposer un prix aux offrants, en se basant sur les prix que la Creg estime raisonnables.

"Il est logique de chercher à négocier avec les offrants avant d’imposer un prix, ce qui est une intervention assez dure, commente un fin connaisseur du dossier. Même si cela aboutit à un coût légèrement plus élevé, cela diminue le risque de recours."

Pour fixer un ordre de grandeur, la ministre avait situé avant réception des offres les coûts fixes de cette réserve à 1,5 euro par an et par ménage — montant auquel s’ajoutent des coûts supplémentaires en cas d’activation.

Parfum d’entente

Concernant le "parfum d’entente" qu’elle avait évoqué précédemment dans la presse, Marie-Christine Marghem précise qu’elle ne dispose pas, à ce stade, d’indices suffisants pour déposer plainte. L’autorité belge de la Concurrence s’est saisie du dossier. Néanmoins, l’entente est, à ce stade, loin d’être établie, nous revient-il. "Ce qui s’est passé, c’est qu’Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension, a publié un intervalle de prix pour les centrales TAG (NDLR. turbine gaz-vapeur), et que tous les offrants ont utilisé cet intervalle de prix pour se positionner", indique un spécialiste.

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