La sortie du nucléaire passera par 2 ou 3 centrales au gaz supplémentaires

Dans la transition énergétique, le gaz à faible teneur en carbone est vu comme un maillon indispensable. ©BELGAIMAGE

Le gouvernement a validé le volume d'électricité qui sera mis aux enchères dès le mois d'octobre pour combler l'arrêt de nos réacteurs nucléaires.

Le mécanisme de rémunération de la capacité (CRM), prévu dans de cadre de la sortie du nucléaire, a franchi une nouvelle étape. Le conseil des ministres a validé, en effet, la nouvelle capacité qui sera nécessaire pour compenser l'arrêt des réacteurs nucléaires. Il s'agit de 2,3 GW qui passeront, notamment, par l'ajout de 2 à 3 centrales au gaz.

"Après 20 ans de politique de stop and go, nous avons rattrapé avec ce gouvernement notre retard. En six mois, le cadre juridique du mécanisme d'investissement a été élaboré. La Commission européenne confirme également que nous sommes dans les temps", indique la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten.

Attirer les investisseurs

Pour rappel, avec le CRM, le gouvernement veut convaincre les investisseurs de construire de nouvelles capacités, notamment sous la forme de centrales au gaz. L'arrêt progressif des sept réacteurs nucléaires entre 2022 et 2025 laissera, en effet, un trou à combler dans la sécurité de l'approvisionnement en électricité. Ce trou sera appelé à être compensé par d'autres sources d'énergie, renouvelables notamment. En attendant, le gaz fera partie de la solution.

2,3
GigaWatts
Quelque 2,3 GW de nouvelles capacités seront mis aux enchères en octobre 2021.

"Plus d'énergie renouvelable signifie que nous avons besoin de sources d'énergie d'appoint flexibles.  De nombreux projets sont prêts. Nous permettons aux personnes qui veulent investir dans notre pays de le faire maintenant", explique Tinne Van der Straeten.

Alors que des questions subsistaient quant aux volumes nécessaires, ce sont donc quelque 2,3 GW de nouvelles capacités qui seront mis aux enchères en octobre 2021.

Une "police d'assurance"

Pour la ministre, ce mécanisme CRM est "une sorte de police d'assurance". Il garantit la fourniture d'énergie "au coût le plus bas possible" et ouvre la voie à une énergie 100% renouvelable". Elle ne donne toutefois pas de détails sur la notion du coût. Il pourrait s'agir d'un montant oscillant entre 238 et 253 millions d'euros sur 15 ans.

La ministre annonce aussi que cette capacité sera atteinte par seulement 2 à 3 centrales à gaz supplémentaires, soit moins que prévu auparavant. Des investissements seront toutefois nécessaires auprès des centrales existantes pour les rendre plus respectueuses de l'environnement. "Nous optons pour une gestion maximale de la demande, des batteries et du stockage." 

En quête d'aval européen

Le cadre juridique désormais validé, le gouvernement appelle les autres autorités à assumer leur part de responsabilité afin d'arriver à l'organisation de cette première vente aux enchères en octobre. Il faudra cependant obtenir l'approbation de la Commission européenne, et ce, avant la première mise aux enchères.

"Le mécanisme d'investissement et la norme énergétique sont comme des jumeaux siamois : inextricablement liés."
Tinne Van der Straeten
Ministre de L'Energie

Mais la ministre a trouvé la parade. "Afin de réduire au maximum l'aide publique, plusieurs investisseurs se feront concurrence lors de la vente aux enchères. Celui qui offre le prix le plus bas, gagne."

Une norme énergétique est aussi en cours d'élaboration afin de garantir la compétitivité entre les entreprises et le caractère abordable pour les consommateurs. "Le mécanisme d'investissement et la norme énergétique sont comme des jumeaux siamois : inextricablement liés," conclut la ministre.

Le CRM, c'est quoi?

CRM, c'est l'abréviation de capacity remuneration mecanism – ou, en bon français, mécanisme de rémunération de la capacité. L'objectif d'un tel système est de garantir la sécurité d'approvisionnement en électricité, et ce, en s'assurant que les capacités de production sont suffisantes pour répondre à la demande. Un besoin qui existe déjà, mais qui va se faire encore plus aigu avec la sortie du nucléaire.

Il s'agit de payer des outils de production d'électricité (ou des installations de stockage d'électricité ou des systèmes de gestion de la demande électrique) pour la capacité qu'ils mettent à disposition quand c'est nécessaire.

Ces dernières années, le système de rémunération basé uniquement sur les kilowattheures produits a montré, en effet, qu'il n'assurait plus un niveau suffisant d'investissements dans des centrales au gaz – des centrales peu rentables, mais nécessaires pour répondre aux pics de demande d'électricité et compenser, à certains moments, l'intermittence des renouvelables.

Concrètement, ce soutien se fera à des installations sélectionnées via un système d'enchères. La première enchère est prévue pour octobre 2021 afin de disposer des capacités nécessaires en 2025.

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