Laurent Minguet sort de Wikipower, qui veut grandir en Europe

©Debby Termonia

Les dirigeants de la petite société liégeoise Wikipower ont racheté les parts de Laurent Minguet. Et ils espèrent attirer un partenaire qui va les aider à développer l’international.

Le serial entrepreneur Laurent Minguet l’avait annoncé il y a quelques semaines: il a décidé de revendre ses participations dans les entreprises où il est minoritaire, ou bien simplement actionnaire passif. L’Echo n’a donc pas été surpris d’apprendre qu’il était sorti, fin mars, du capital de Wikipower, la petite société liégeoise spécialisée dans les achats groupés en énergie. Sauf que dans ce cas, la demande venait d’abord des dirigeants de l’entreprise.

"Laurent Minguet nous a beaucoup aidés au début, notamment en permettant une collaboration entre Wikipower et une de ses entreprises actives dans le tiers investissement en matière de panneaux solaires", souligne Maxime Beguin, cofondateur et directeur de l’entreprise.

"Pour accélérer notre croissance européenne, nous aimerions nous trouver un partenaire, qui nous apporte plus que de l’argent."
Maxime Beguin
Directeur de Wikipower

"Mais il n’intervenait plus qu’une fois par an, au moment de l’assemblée générale, pour nous dire que nous avions fait du bon travail. Et nous souhaiterions pouvoir attirer dans l’actionnariat un gros acteur qui va nous permettre de nous développer au niveau européen, tout en restant maîtres de la stratégie de l’entreprise. Cela fait donc un moment que nous discutions avec Laurent de sa sortie."

Et les choses se sont concrétisées. Avec son père et son associé Quentin Gonay, Maxime Beguin a racheté les 25% que Laurent Minguet détenait dans l’entreprise. La participation de Maxime Beguin est passée de 65% à 80%, tandis que son père et son associé détiennent désormais 10% chacun, contre 5% auparavant. À quel prix s’est fait ce rachat? Maxime Beguin se contente de préciser que Wikipower, qui a fait changer 30.000 Belges de fournisseurs de gaz ou d’électricité en 2017, vaut maintenant "plusieurs millions d’euros".

Créée en octobre 2011 par Michael Corhay qui a depuis fondé Mega et quitté le capital de Wikipower, la SPRL annonce pour 2017 un chiffre d’affaires de près de 1,35 million d’euros et un résultat d’exploitation de quelque 300.000 euros. "Nous avons toujours financé notre croissance sans levée de fonds, pointe Maxime Beguin. Mais pour accélérer notre croissance européenne, nous aimerions nous trouver un partenaire, qui nous apporte plus que de l’argent." Des discussions ont eu lieu avec des groupes de médias, mais elles n’ont pas abouti.

La France, l’Espagne et l’Italie

Wikipower, qui emploie aujourd’hui 25 personnes, prévoit d’implanter en 2019 son comparateur de prix en France, en Espagne et en Italie. D’où l’idée, pour soutenir ces développements, de s’allier à un partenaire qui dispose déjà d’une communauté de clients ou dont l’activité génère du trafic.

Ce ne sera pas la première incursion de Wikipower à l’international: il est déjà actif dans les achats groupés en France, en partenariat avec Coretec. "Nous tirons toujours la moitié de nos revenus des achats groupés en électricité et en gaz, qui est notre vache à lait, mais l’activité liée au comparateur de prix est une étoile montante", analyse Maxime Beguin. Une activité dans laquelle Wikipower se rémunère de la même manière que pour les achats groupés: des commissions sont versées par les fournisseurs lors de l’acquisition de nouveaux clients.

Le reste – les achats groupés de pellets, de mazout, d’isolation, de panneaux photovoltaïques ou même de LED – fait partie des dilemmes. "Nous allons devoir déterminer si nous poursuivons ou si nous arrêtons ces activités, parce que nous sommes à un moment de forte croissance, qui demande beaucoup d’énergie pour attirer les bons talents et structurer les équipes ce qui est d’autant moins facile que nous travaillons surtout avec la génération Y: la moyenne d’âge de notre personnel est de 29 ans", explique le patron de Wikipower. Mais il n’exclut pas de pouvoir tout assurer de front.

Une sortie prévue également chez Green Invest

Laurent Minguet, qui est déjà sorti du capital de Coretec et devrait sortir de celui de Mega à l’automne, s’apprête aussi à revendre ses parts dans Green Invest. C’est dans cette optique que les deux CEO et cofondateurs de l’entreprise, Jehan Delacroix et Emmanuel Berryer, ont constitué le 30 juillet dernier une nouvelle société, baptisée Green Invest Holding. Un holding dans lequel ils ont apporté leurs parts dans Green Invest, valorisées à près de 3,3 millions d’euros, et qui va pouvoir conclure un crédit. "Il est prévu que mes deux associés, qui ont ensemble 40%, me rachètent l’essentiel de ma participation dans Green Invest ce mois-ci, détaille Laurent Minguet. Un quatrième actionnaire détient 10%. Je vais peut-être garder 10 ou 15%, mais c’est toujours en discussion."

"Non, je ne prends pas ma retraite. Je veux dégager des fonds propres pour les activités où je suis vraiment acteur."
Laurent Minguet
Entrepreneur

N’allez pas croire pour autant que Laurent Minguet a décidé de se retirer des affaires. "Non, je ne prends pas ma retraite. Je veux dégager des fonds propres pour mes activités dans l’immobilier, mon fonds photovoltaïque ou Green Propulsion, des activités où je suis vraiment acteur", explique l’intéressé.

Créée en 2006 pour faire du tiers investissement dans des chaudières biomasse, Green Invest s’est tournée après quelques années vers d’autres énergies renouvelables, comme l’éolien et surtout le photovoltaïque. Elle a notamment réalisé quelques projets en Italie et équipé le Cora d’Anderlecht. Les comptes 2017 de l’entreprise ne sont pas encore disponibles à la Banque nationale. En 2016, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros et un bénéfice net de 277.000 euros. Laurent Minguet devrait faire une belle plus-value sur la cession de sa participation. "J’ai dû mettre 500.000 euros de capital dans l’entreprise, et je devrais faire fois huit, ou quelque chose comme cela", indique-t-il.

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