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Le Brexit secoue les marchés à court terme d'électricité

En service depuis janvier 2019, le câble sous-marin Nemo Link (1 GW) relie le réseau électrique belge au Royaume-Uni. ©Elia

Le Brexit ne devrait pas impacter les volumes d'électricité échangés entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Par contre, sur les marchés à court terme, les traders vont devoir s'adapter.

Le Brexit "no deal" est évité. Pour les échanges de biens et services entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, c'est une nouvelle réjouissante mais cela n'empêche pas les traders d'énergie d'appréhender l'avenir avec un peu d'inquiétude.

En effet, un rapport publié par le bureau de consultance Sia Partners étudie les impacts du Brexit sur les marchés de l'énergie et révèle que les marchés à court terme - "day-ahead" - seront fortement bousculés dans les mois qui viennent.

D'implicite à explicite

"Les règles qui régissent les échanges d'électricité entre le Royaume-Uni et l'Union vont changer au 1er janvier."
Benoit Aubard
Partner en charge de la cellule énergie chez Sia Partners

"Les règles qui régissent les échanges d'électricité entre le Royaume-Uni et l'Union vont changer au 1er janvier", signale Benoit Aubard, responsable de la cellule énergie chez Sia Partners. "En effet, les interconnecteurs qui permettent les échanges de capacité électrique ne seront plus régis par un mécanisme implicite mais explicite", poursuit-il.

Pour faire simple, dans les allocations implicites, l'achat d'énergie sur les marchés comprend également celui de la capacité correspondante. De la sorte, le trader ne doit pas se soucier de faire se rencontrer l'offre et la demande, cela se fait automatiquement.

"Dans les échanges implicites, les prix qui en résultent garantissent normalement que l’énergie électrique provient des zones excédentaires vers les zones déficitaires et conduit également à une convergence des prix pour l'ensemble de la région", explique Benoit Aubard. Ceci ne sera plus garanti pour les échanges avec le Royaume-Uni à compter du premier janvier, de sorte que les échanges risqueront de conduire à une utilisation inefficace des interconnecteurs, menant parfois à un flux d'électricité passant de la région la plus chère vers la région la moins chère.

Pas d'impact sur les prix

Ce changement dans l'organisation du marché et l'allocation de la capacité aura surtout un impact sur les traders des marchés à court terme. "Ils devront revoir leur stratégie", pointe Benoit Aubard. Dans les marchés à long terme, le mécanisme d'enchères était déjà explicite et restera, donc, inchangé.

"Les échanges d'électricité avec le Royaume-Uni continueront, sans impact sur les volumes, le prix ou la sécurité d'approvisionnement."
Jean Fassiaux
Porte-parole d'Elia

Pour ce qui est du consommateur final d'électricité, ces changements ne devraient pas être visibles. "Les échanges d'électricité avec le Royaume-Uni continueront, sans impact sur les volumes, le prix ou la sécurité d'approvisionnement", rassure Jean Fassiaux, le porte-parole du gestionnaire belge du réseau de transport d'électricité Elia. Notons que les réseaux belges et britanniques sont interconnectés directement grâce à la liaison sous-marine Nemo Link, d'une capacité de 1 GW.

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