Le CEO de Solvay débarque chez Engie et devrait quitter le groupe belge d'ici la fin de l'année

Jean-Pierre Clamadieu. ©BELGA

Jean-Pierre Clamadieu, CEO du groupe belge Solvay, a été choisi par le conseil d'administration d'Engie pour succéder à Gérard Mestrallet à la présidence du groupe. Une présidence non-exécutive que le Français va cumuler avec son poste de CEO de Solvay de façon très provisoire puisqu'il devrait quitter le groupe belge d'ici la fin de l'année.

Le suspense est désormais levé: Jean-Pierre Clamadieu, le patron du groupe de chimie belge Solvay, sera proposé le 18 mai à l’assemblée générale d’Engie comme successeur de Gérard Mestrallet, atteint par la limite d’âge, au poste de président non exécutif.

Aux commandes de Solvay depuis mai 2012, ce Français de 59 ans va, dans un premier temps, cumuler deux fonctions clés dans deux mastodontes du Bel20 et du Cac 40. Une situation toutefois très provisoire. "Nous accélérons maintenant le processus d’identification de son successeur", a déclaré Nicolas Boël, président du conseil d’administration de Solvay, dans un communiqué.

Transformation spectaculaire

Il faut dire que l’homme a un beau parcours à son actif. Entré chez Solvay par la grande porte, quand le groupe a racheté Rhodia, il s’est vu confier le poste de numéro deux, avec la promesse de prendre rapidement la tête du nouvel ensemble. Une révolution, dans un groupe où tous les CEO précédents étaient membres des familles fondatrices ou avaient accompli leur carrière chez Solvay.

Très vite, il va imprimer sa marque. Ses débuts comme président du comité exécutif ne vont pas sans quelques grincements de dents: si certains saluent la redynamisation insufflée par le nouveau patron français, d’autres pointent à l’époque le surcroît de tensions en interne, suscitées notamment par l’intégration de sa garde rapprochée et par sa volonté de doper les performances comptables de l’entreprise.

©Tim Dirven

Mais Clamadieu poursuit son chemin. Il mène à bien une quarantaine d’opérations de cessions et d’acquisitions, pour faire de la vénérable maison créée par Ernest Solvay il y un siècle et demi, un groupe plus innovatif et plus vert, qui a tourné le dos à la "vieille chimie" au profit de la chimie de spécialité. Un chiffre, pour mesurer l’ampleur de la tâche accomplie? Deux tiers de l’activité du groupe actuel n’étaient pas là à son arrivée.

Avec la cession des activités polyamides à BASF, décidée en octobre dernier, il a signé la dernière étape de la transformation radicale du portefeuille d’activités – même si cela ne signifie pas la fin des changements pour Solvay, occupé aujourd’hui à maximiser sa croissance.

Diplômé de l’École nationale supérieure des mines de Paris, ancien conseiller technique de la ministre du travail Martine Aubry, ce Savoyard d’origine avait auparavant réussi à sauver Rhodia, la branche chimie de l’ex-Rhône-Poulenc. Nommé directeur général en octobre 2003, alors que l’entreprise, empêtrée dans un imbroglio juridico-financier, jouait sa survie, il avait là aussi opéré un recentrage sur les activités de spécialité les plus rentables, assainissant l’entreprise et lui donnant un avenir. En 2008, il en devient PDG, et va la marier trois ans plus tard au groupe Solvay.

Décrit comme quelqu’un d’extrêmement analytique, très focalisé et très clair avec ses équipes, il fait partie des patrons repérés par l’État français depuis des années, que les gouvernements soient de gauche ou de droite. En 2011, il avait refusé la direction d’Areva. Fin 2014, son nom avait également circulé comme successeur potentiel d’Henri Proglio à la tête d’EDF. Cette fois, il a donc dit oui à la présidence d’Engie.

Questions sur la cohabitation

©BELGAIMAGE

C’est la fin d’un feuilleton de plusieurs mois, au cours de laquelle Isabelle Kocher a bataillé pour ajouter à sa fonction de directrice générale la casquette de présidente du conseil. Bien qu’elle semble en passe de réussir son audacieux pari – initier un virage stratégique majeur dès son arrivée à la tête du groupe – l’État français, actionnaire à 24% d’Engie, a refusé ce cumul.

Après une cohabitation parfois difficile avec Gérard Mestrallet, elle va donc être chapeautée par un nouveau président. La compatibilité entre les deux dirigeants n’est pas gagnée d’avance. Selon BFM Business, un premier conflit les a déjà divisés en 2015: Kocher se serait alors opposée à l’arrivée de Clamadieu comme administrateur du groupe énergétique…

Isabelle Kocher semble toutefois faire contre mauvaise fortune bon cœur. La semaine dernière, alors que le nom de Jean-Pierre Clamadieu était cité comme favori pour la présidence du groupe énergétique, elle a assuré à son top management que tout se passerait bien avec la personne pressentie pour succéder à Gérard Mestrallet.

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