Le coût de production du solaire en baisse constante

D’ici 2020, le coût de production d’électricité à partir du solaire égalera celui des combustibles fossiles.

Le coût de production d’électricité à partir d’énergie solaire devrait reculer de 10% par an au cours des dix prochaines années. Pour atteindre, en 2020, le même niveau que le coût de production d’électricité à partir de combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon). Ces prévisions sont celles du géant du pétrole BP, dont la division BP Solar est un des leaders mondiaux du secteur. Elles ont été communiquées ce lundi par Vahid Fotuhi, le directeur de la division Solar Middle East de BP, lors d’une conférence à Abu Dhabi sur l’accélération du développement de l’énergie solaire dans la région du Golf.

Selon Vahid Fotuhi, qui est également un ancien conseiller en énergie auprès du Forum économique de Davos, l’augmentation des prix du pétrole et la diminution des coûts du solaire sont tels que la parité des coûts de production d’électricité pourrait même être atteinte avant 2020 pour certaines sources d’énergies fossiles.

Marché en croissance

Le marché du solaire photovoltaïque a connu une forte croissance depuis la fin des années nonante. Le parc photovoltaïque mondial devrait était de 22.000 MW en 2009, selon l’European Photovoltaic Industry Association, contre 1.400 MW dix ans plus tôt 2000.

La taille du parc reste évidemment modeste en comparaison avec les sources classiques, comme le nucléaire ou les énergies fossiles.

Le frein principal à son expansion est le coût de production de l’électricité solaire, qui est de 0,20 dollar par kilowattheure (kWh). Dix fois plus que le nucléaire. Dès lors, l’énergie solaire, comme toutes les énergies renouvelables, se développe grâce au soutien de subsides gouvernementaux qui permettent de gommer la distorsion avec les sources classiques. Mais le poids des subsides au renouvelable représente moins de 10% de ceux qui sont octroyés à l’industrie pétrolière. Selon une étude réalisée en août dernier par l’agence Bloomberg, les subsides gouvernementaux aux énergies renouvelables oscillaient entre 43 et 46 milliards de dollars sur un an. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les subisdes gouvernementaux à l’industrie pétrolière ont atteint 557 milliards de dollars en 2008.

Pays du Golf

BP Solar, un des leaders mondial du secteur solaire, a décidé de miser sur le développement de projets de production d’énergie solaire à grande échelle au Moyen Orient. L’entreprise a déjà installé pour 200 mégawatts (MW) d’énergie solaire. Et vise à installer 300 MW supplémentaires cette année. BP se targue, par ailleurs, d’avoir installé des panneaux solaires dans le monde permettant d’économiser 14 millions de tonnes de CO², soit l’équivalent de 1,5 million d’hectares de forêt.

"Le potentiel de production d’énergie solaire dans le Golf est énorme", expliquent les organisateurs de la conférence d’Abu Dhabi. "Chaque kilomètre carré de terre reçoit chaque année une quantité d’énergie solaire équivalente à 1,5 millions de barils de pétrole brut. Pourtant l’énergie solaire ne s’est pas encore imposée dans les pays du Golf étant donné les faibles coûts des hydrocarbures. Mais cela va changer."

Bien plus que la pression internationale en faveur d’une réduction de la consommation de pétrole, c’est la hausse des prix de l’or noir qui pousse les pays producteurs à augmenter leurs exportations et à diminuer leur consommation interne.

Les gouvernements locaux revoient depuis un certain temps leur stratégie énergétique, tant en matière de production que de réduction de la consommation. L’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de pétrole, développe actuellement des projets de production d’énergie solaire pour 200 à 300 mégawatts.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés