Le fédéral projette un grand parc solaire flottant en mer du Nord

©Imaginechina

Philippe De Backer, secrétaire d’État à la mer du Nord, veut installer des panneaux solaires flottants en mer du Nord. "Une option serait de les placer entre les éoliennes en mer" explique-t-il.

Des fermes solaires flottantes, il en existe déjà quelques-unes de par le monde. La plus grande à l’heure actuelle est celle de Three Gorges New Energy, dans la province de Anhui, dans l’est de la Chine. La première phase a déjà été connectée au réseau, et la ferme devrait atteindre en mai une puissance de 150 MW.

En Belgique, l’entreprise Hesbaye Frost, spécialisée dans la production de légumes surgelés, a installé 3.120 panneaux sur un radeau fixe au milieu de sa lagune, pour une puissance totale de près d’1 MW.

"Les panneaux profitent de la réverbération du soleil sur l’eau, et chauffent moins, ce qui permet d’obtenir un rendement 15 à 20% plus élevé. Et sur un lac, on peut arriver à un coût de 76 euros par MW installé, ce qui n’est pas beaucoup plus que sur terre" souligne Damien Ernst, professeur en énergie durable à l’ULiège.

Voyage en terre inconnue

"C’est une possibilité que nous voulons étudier. L’espace disponible sur terre n’est pas illimité."
Hein Dirix
responsable infrastructures et environnement chez Tractebel

Mais il s’agit là de projets sur des lacs ou des réservoirs d’eau potable, pas de parcs en mer. Imaginer du photovoltaïque flottant offshore est une autre aventure. Cela va faire grimper les coûts d’installation, d’abord. Cela risque de poser des problèmes de maintenance, aussi. "De l’eau de mer va être projetée sur les panneaux et laisser des traces de sel qu’il faudra traiter" remarque notamment David Germani, coordinateur de la plateforme des énergies renouvelables de la confédération de la construction.

Le secrétaire d’État à la mer du Nord Philippe De Backer n’en est pas moins convaincu que nos eaux territoriales peuvent accueillir une grande ferme solaire. "Et nous sommes en train de mener une enquête sur les endroits où installer cette ferme solaire", explique-t-il. Parmi les pistes explorées: les placer entre les éoliennes en mer, où la navigation est interdite. "Si on place des panneaux solaires entre ces éoliennes sous la forme d’îles flottantes, l’espace et l’infrastructure seront optimisés" argumente le secrétaire d’État.

Dans le nouveau Plan d’aménagement des espaces marin que Philippe De Backer est en train de finaliser et qui va organiser toutes les activités en mer du Nord, des zones spécifiques seront prévues pour des projets pilotes photovoltaïques.

Un projet concret en vue

Ces zones spécifiques sont en fait une réponse à la demande formulée par les entreprises Deme, Sioen, Colruyt, Jan de Nul et Tractebel, qui viennent d’entamer un projet pour étudier la faisabilité de ces parcs solaires flottants en mer.

"Ce projet d’étude est en train de se mettre en place, explique Hein Dirix, responsable infrastructures et environnement chez Tractebel. Nous allons procéder par phases: d’abord, une première étude de faisabilité, ensuite, si les premiers résultats sont favorables, nous songeons à réaliser un projet pilote dans un espace protégé, avec pour objectif final d’arriver à installer un parc photovoltaïque en mer."

Un ordre de grandeur donné par le responsable de Tractebel: un parc photovoltaïque placé entre les éoliennes devrait permettre de produire des quantités d’électricité comparables à celles produites par les éoliennes.

Encore faut-il s’assurer que son coût ne sera pas rédhibitoire. "La question est d’une grande complexité, parce qu’il faut s’adapter à un environnement marin salé, et tenir compte du climat et des vagues, reconnaît Hein Dirix. Mais c’est une possibilité que nous voulons étudier. Dans le cadre de la transition énergétique, nous cherchons continuellement à innover, et l’espace disponible pour installer du photovoltaïque sur terre n’est pas illimité."

Les Pays-Bas aussi dans la course

La Belgique n’est pas seule dans la course: les Pays-Bas ont annoncé il y a quelques mois leur intention d’installer un projet pilote dans le port de Rotterdam, et plus récemment un consortium de six entreprises et instituts de recherche a fait savoir qu’il comptait construire dans les trois ans la première centrale solaire flottante au monde au large de La Haye.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect