Le fournisseur d'énergie Essent se cherche un repreneur en Belgique

Essent, dont on voit ici la centrale électrique de Geertruidenberg, aux Pays-Bas, a enregistré l'année dernière un excédent brut d'exploitation (ebitda) de seulement 6,5 millions d'euros. ©Bloomberg

Essent.be est à vendre, a-t-on appris. Avec ses 6% de part de marché environ, le 5e acteur du marché belge de l'énergie pourrait attiser les convoitises de ses plus gros concurrents.

Alors que le marché belge de l'énergie n'avait plus connu de consolidation significative depuis bientôt quatre ans, 2021 marque un retour des grandes tractations. Et pour cause, le cinquième fournisseur de gaz naturel et d'électricité du pays, Essent.be, est à vendre, a-t-on appris à bonnes sources.

Avec une part de marché d'environ 6%, l'entreprise devrait attiser les convoitises de ses concurrents qui voient, année après année, de plus petits acteurs (Mega, Octa+...) venir grappiller des parts du gâteau. Il ne leur reste d'ailleurs aujourd'hui plus que de l'ordre d'une quatre-vingtaine de pour-cents de parts de marché, contre encore plus de 95% en 2013.

"C'est le dernier gros dossier du marché de l'énergie en Belgique."
Un observateur aguerri

Essent, "c'est le dernier gros dossier du marché de l'énergie en Belgique", résume un observateur aguerri. Les enchères pourraient donc monter, entend-on. Certains parlent même d'une transaction attendue de l'ordre d'une centaine de millions d'euros. Et ce, alors même que la société enregistrait l'an dernier un excédent brut d'exploitation (ebitda) de seulement 6,5 millions d'euros (il fut même négatif un an auparavant), pour un chiffre d'affaires de quelque 489 millions d'euros à l'époque.

Qui pour acheter?

Au rang des acheteurs potentiels, l'on pense moins à un Engie, déjà leader du marché (et de loin), qu'à un EDF Luminus, numéro deux belge, ou à un Lampiris ou un Eneco, occupant respectivement la troisième et la quatrième place. Boxant dans la même catégorie, l'un des trois acteurs pourrait prendre l'avantage sur ses rivaux en s'adossant les parts de marché d'Essent.

Quant à la piste d'un fonds qui pourrait utiliser l'entreprise comme une plateforme de consolidation des acteurs hors top 5, il nous revient que l'état de vétusté de l'infrastructure informatique de la cible rend la piste peu crédible.

Consolidation au prix du consommateur

Essent.be fait partie de la société néerlandaise Essent, elle-même filiale de l'allemand Innogy. Jusqu'à mi-2019, Innogy appartenait au géant allemand de l'énergie RWE, mais a ensuite été reprise par son concurrent allemand E.ON.

"Les petits acteurs ne savent plus garder la tête hors de l’eau et les géants de l’énergie décident de fusionner. Le résultat? Des factures d’énergie encore plus élevées."
Pierre Pignolet
CEO d'Essent.be

Pierre Pignolet, CEO d'Essent.be, avertissait en personne il ​​y a deux ans quant aux risques de la consolidation pour les consommateurs. "Les petits acteurs ne savent plus garder la tête hors de l’eau et les géants de l’énergie décident de fusionner. Le résultat? Une consolidation du paysage énergétique et potentiellement des factures d’énergie encore plus élevées" (sic).

À l'époque, l'homme pointait du doigt le "coût pour entreprendre dans le secteur de l’énergie devenu trop élevé", de même que le rachat de Lampiris par le géant pétrolier français Total en 2016, puis celui d'Eni Belgium par le néerlandais (désormais japonais) Eneco en 2017, tous deux dommageable. Il en appelait même le gouvernement à réagir d'urgence. Aujourd'hui, il se retrouve de l'autre côté de la barrière.

Un acteur surtout présent en Flandre

Au niveau belge, Essent est considéré comme le cinquième fournisseur d'électricité et de gaz du marché, avec ses environ 6% de part de marché. Mais, cette position est à relativiser. En effet, ce n'est vrai que sur son plus gros marché qu'est la Flandre, et dans le gaz en Wallonie, ressort-il des chiffres de juin dernier, compilés par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (Creg). Du reste, sur l'électricité, qui représente le gros de son activité, l'entreprise est en réalité quatrième au sud du pays. Quant à Bruxelles, Essent n'est quasiment pas active.

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