Le gaz riche arrive dans les conduites bruxelloises

D'ici à 2022, le GNL acheminé à Zeebruges, dont on voit ici les installations destinées au stockage de gaz provenant de Russie, alimentera le réseau bruxellois. ©Jonas Lampens

À compter de ce 1er septembre, le remplacement du gaz pauvre par du gaz riche démarre dans les 19 communes bruxelloises. "Aucun impact sur la facture", rassure Sibelga.

Ce mardi, c'est le top départ pour le gaz riche en région bruxelloise. Après des reports causés par la pandémie de coronavirus, Sibelga, le gestionnaire du réseau de distribution de gaz et d'électricité à Bruxelles, peut enfin inaugurer la première vague de conversion de gaz pauvre en gaz riche dans les canalisations de la capitale.

Les trois premières communes concernées par ce changement sont Berchem-Sainte-Agathe, Koekelberg et Molenbeek-Saint-Jean. D'ici à 2022, les 16 autres communes seront progressivement alimentées en gaz riche. "La Région bruxelloise a été divisée en 3 zones géographiques et chaque année, au 1er juin, une zone passera au gaz riche", explique Sibelga. Le calendrier plus précis des changements et d'autres informations sont disponibles sur le site en ligne: legazchange.brussels.

"Pour un même volume, le gaz riche dégage plus d'énergie que le gaz pauvre mais tous deux constituent du gaz naturel."
Alan Lespineux
Chef du projet de conversion chez Sibelga

Changement de fournisseur

À l'origine de cette conversion, déjà d'application en Wallonie et en Flandre, il y a un changement de fournisseur. Jusqu'ici, le gaz bruxellois provenait des réserves néerlandaises de Groningen-Slochteren. Seulement, celles-ci s'amenuisent, si bien que les autorités des Pays-Bas ont fixé la fin de l'exportation et la fermeture de la poche de gaz à 2030.

"Sibelga subit ce changement."
Alan Lespineux
Chef du projet de conversion chez Sibelga

Ce gaz néerlandais, pauvre donc, sera ainsi remplacé par du gaz riche provenant de Norvège, du Royaume-Uni, de la Russie ou du Qatar. La différence entre les deux types de gaz concerne uniquement leur teneur énergétique. Comme l'explique Alan Lespineux, chef du projet de conversion chez Sibelga, "pour un même volume, le gaz riche dégage plus d'énergie que le gaz pauvre mais tous deux constituent du gaz naturel".

Ce passage d'un gaz à l'autre, rappelons-le, n'est pas le fruit d'une décision motivée par Sibelga. "Sibelga subit le changement", souligne Alan Lespineux. En effet, comme partout en Belgique, le gaz distribué à Bruxelles est amené par le réseau de Fluxys, le gestionnaire des infrastructures à haute pression du pays. Et, dans la mesure où les poches de gaz pauvre néerlandaises se referment, transporteurs et distributeurs sont contraints de se tourner vers des alternatives plus lointaines pour garantir la sécurité d'approvisionnement.

Pas d'impact sur la facture

Pour permettre la transition, Sibelga a du adapter ses infrastructures, tout comme Fluxys avant elle. "Quelques investissements ont été nécessaires afin de garantir la sécurité d'approvisionnement pendant la période transitoire mais ceux-ci sont largement intégrés dans nos budgets", indique Alan Lespineux.

"98 % des appareils et installations des particuliers et des entreprises de la capitales sont compatibles au gaz riche."
Alan Lespineux
Chef du projet de conversion chez Sibelga

Côté consommateur, rien ne change, ou presque. "98% des appareils et installations des particuliers et des entreprises de la capitale sont compatibles au gaz riche, moyennant, dans certains cas, quelques réglages", rassure Alan Lespineux. Des réglages qui peuvent être couplés au contrôle périodique obligatoire des chaudières et chauffe-eau pour éviter des frais supplémentaires.

Concernant les 2% d'appareils incompatibles, Sibelga indique qu'ils concernent des installations datant d'avant 1978 ou étant entrés illégalement dans le pays depuis. Dans ce cas de figure, le gestionnaire du réseau de distribution conseille aux propriétaires et locataires de contacter leur fournisseur afin de se mettre en conformité avec les normes actuelles. Des primes, notamment pour les familles précarisées, seront d'ailleurs mises en place. Pour toute question, Sibelga renvoie au numéro gratuit 0800.11.744.

Dernier point, et non des moindres, Sibelga assure qu'aucun changement sur la facture ne sera induit par la conversion du gaz pauvre en gaz riche.

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