Le méga projet nucléaire d'EDF sur les rails

Hinkley Point, c'est là que le méga projet nucléaire est attendu. ©HayesDavidson

Le conseil d'administration d'EDF vote en faveur du projet nucléaire controversé d'Hinkley Point en Angleterre.

Le groupe français EDF a réuni ce jeudi un conseil d'administration décisif pour l'avenir de son méga-projet de centrale nucléaire à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Ce chantier de 18 milliards de livres (21,5 milliards d'euros) est au centre de virulentes critiques.

L'instance de 18 administrateurs a approuvé la décision finale d'investissement qui autorise le PDG Jean-Bernard Lévy à signer les principaux contrats qui lieront EDF au gouvernement britannique, à son partenaire chinois CGN et à leurs fournisseurs.

Sur un conseil ramené à 17 membres à la suite de la démission d'un administrateur hostile à Hinkley Point, dix administrateurs ont voté pour et sept contre, a précisé cette source. 

 

→ Où en est-on dans ce projet?

©Mediafin Mapmaker

Cette étape devrait marquer le lancement effectif de la construction de deux réacteurs EPR dont la mise en service est prévue à partir de 2025. La décision finale d'investissement requiert la majorité des votants, Jean-Bernard Lévy disposant d'une voix prépondérante en cas d'égalité.

Cette décision favorable n'est pas forcément définitive: le comité central d'entreprise (CCE) d'EDF a engagé deux procédures judiciaires, l'une pour obtenir des informations supplémentaires sur le projet et pouvoir rendre "valablement" un avis, l'autre pour faire suspendre "tous les effets des délibérations" du conseil.

Sollicitée par les actionnaires salariés, l'Autorité des marchés financiers enquête elle sur les informations financières communiquées par EDF aux investisseurs depuis juillet 2013, notamment sur Hinkley Point.

 

Le noeud du problème

Cette fronde s'explique notamment par le changement des conditions du projet depuis un accord l'officialisant en 2013: Areva, concepteur de l'EPR, a renoncé à y prendre part en raison de sa déroute financière, obligeant EDF à prendre une participation majoritaire (66,5%) et donc à consolider le gigantesque investissement dans ses comptes.

L'endettement du groupe - 37,4 milliards d'euros fin 2015 - s'en trouverait considérablement alourdi alors qu'EDF est déjà confronté à un mur d'investissements, comme la rénovation du parc nucléaire français et le rachat de l'activité réacteurs d'Areva, dans un environnement énergétique fortement dégradé.

 

→ EDF, Paris et Londres y tiennent

EDF et l'Etat français estiment le projet incontournable pour le maintien du savoir-faire et de la crédibilité de la filière nucléaire tricolore, en pleine refonte. Il est d'ailleurs rentable, martèlent-ils, grâce à la garantie de prix obtenue du gouvernement britannique pour une période de 35 ans.

Londres est un autre fervent partisan d'Hinkley Point, et l'annonce du Brexit n'a pas changé la donne: les deux EPR couvriraient jusqu'à 7% de la demande nationale d'électricité, tout en générant de l'emploi et en aidant Londres à réduire ses émissions de CO2.

Le projet Hinkley Point en image de synthèse ©AFP

→ Nouvelle démission

Dans le courant de l'après-midi, un administrateur d'EDF a démissionné en opposition au projet. "Etant administrateur proposé par l'Etat actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas", a expliqué Gérard Magnin dans une lettre de démission.

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