Le nombre d'éoliennes belges en mer du Nord va quasiment doubler

Le futur plan d’aménagement des espaces marins prévoira une nouvelle zone pour des parcs éoliens en mer, qui devrait permettre de quasiment doubler la capacité actuellement prévue. ©Karl Van Ginderdeuren

Philippe De Backer, secrétaire d’État à la mer du Nord, prévoit une nouvelle zone dans les eaux territoriales belges pour des parcs éoliens supplémentaires. Des parcs qui, veut-il croire, pourront se construire sans subsides, via un système d’appel d’offres.

"Mon ambition est de prévoir encore 1.800 MW d’éolien en mer, qui viendront en plus des 2.200 MW de capacité déjà prévus", annonce Philippe De Backer (Open Vld). Le secrétaire d’État à la mer du Nord est actuellement occupé à dessiner la nouvelle version du plan d’aménagement des espaces marins dans la partie belge de la mer du Nord pour l’après 2020. "Nous sommes actuellement occupés à regarder où ces parcs éoliens supplémentaires pourront être construits. Il y a encore de la place: au milieu de la mer du Nord, et à la frontière avec la France." Les neuf parcs belges déjà construits ou planifiés se trouvent, eux, à l’est des eaux territoriales, le long de la frontière néerlandaise.

"Mon ambition est de prévoir encore 1.800 MW d’éolien en mer, en plus des 2.200 déjà prévus."
Philippe de Backer
secrétaire d’état à la mer du nord

Pas question d’attribuer ces futures zones par concession, ce qui pourrait obliger une nouvelle fois le gouvernement à devoir négocier ensuite avec les propriétaires le niveau de soutien adéquat. Pour rappel, après de longues discussions, les trois derniers parcs à construire au large des côtes belges bénéficieront finalement d’une garantie de 79 euros par MWh, prix de l’électricité inclus – une économie de près de 4 milliards d’euros par rapport au régime accordé aux premiers parcs belges en mer.

Comme la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) l’avait déjà annoncé, les futurs parcs seront attribués par appel d’offres. Et Philippe De Backer va plus loin: il veut le faire via des appels d’offres à subside zéro, comme les Pays-Bas sont en train de le faire. "On met une série de zones sur le marché, sans que des subsides y soient encore liés. Et les acteurs privés peuvent faire offre pour construire un parc. Je veux appliquer cette procédure pour les futurs parcs éoliens en mer, pour laisser jouer le marché."

Comme aux Pays-Bas

Philippe De Backer ©BELGA

Les autorités néerlandaises ont en effet lancé, le 15 décembre, un appel d’offres aux investisseurs prêts à construire deux parcs éoliens en mer sans subsides, Hollandse Kust Zuid I & II, pour un total de 700 MW. Les offres doivent être rentrées pour le 21 décembre. Le suédois Vattenfall a confirmé son intention de remettre offre. L’allemand EnBW, le norvégien Statoil et Masdar, la société publique d’Abou Dabi spécialisée dans les projets d’énergie renouvelable, seraient également intéressés.

Les Pays-Bas disent qu’ils n’octroieront une licence que si les candidats démontrent que la construction et la mise en service du parc sont faisables techniquement et financièrement dans les délais – l’entièreté du parc doit être construite dans les cinq ans de l’attribution de la licence. Certains parcs risquent tout de même de ne jamais voir le jour, estiment certains observateurs, par exemple si les prix de l’électricité sont trop bas au moment de prendre la décision finale d’investissement.

Un câble via l’Escaut

Interrogé sur les craintes des industriels concernant les coûts et la sécurité d’approvisionnement de la transition énergétique, Philippe De Backer se veut rassurant. "A côté de ces nouveaux parcs, je veux aussi regarder si nous pouvons tirer un câble de la prise unique en mer via l’Escaut, pour fournir un approvisionnement direct aux entreprises du port d’Anvers. Quelle est l’alternative? Construire de nouvelles centrales nucléaires, comme en Grande-Bretagne, qui coûtent le double des subsides que nous donnons aujourd’hui aux parcs éoliens belges en mer. Nous ne pouvons pas nous laisser guider par les lobbies, nous devons travailler à la sortie du nucléaire, programmée pour 2025. Tous les éléments sont sur la table. La transition est en court. Nous savons où nous voulons aller. Let’s do it."


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