Le pétrole au plus bas de l'année

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La demande mondiale de pétrole est moins vigoureuse que prévu, ce qui pénalise les prix. Ils sont tombés à un plus bas de neuf mois.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) table sur une hausse de la demande mondiale de pétrole un peu moins forte qu'anticipé en 2014 et 2015, en raison d'une croissance économique plus faible que prévu, ce qui pèse sur les prix du brut malgré des tensions géopolitiques accrues.

L'AIE a maintenu à 92,7 millions de barils par jour (mbj) sa prévision de demande pour 2014, tout en abaissant de 1,2 à 1 mbj son estimation de croissance par rapport à l'année précédente.

Pourquoi? Deux facteurs expliquent cette révision, explique l'AIE.
• La demande n'a crû que de 700.000 barils par jour au deuxième trimestre, le niveau le plus bas depuis début 2012, avec des livraisons de pétrole brut en Amérique du Nord et en Europe particulièrement faibles.
• Dans le même temps, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé en juin de 0,3 point, à 3,4%, sa prévision de croissance mondiale pour 2014.

A savoir

Les prix du pétrole plongeaient mardi en cours d'échanges européens, plombés par une révision en baisse des perspectives de croissance de la demande mondiale de brut par l'Agence internationale de l'Énergie, dans un marché toujours attentif aux tensions géopolitiques.

A mi-séance, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 103,87 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 81 cents par rapport à la clôture de lundi. Vers 07H00 GMT, le Brent a même chuté jusqu'à 103,65 dollars, son niveau le plus faible depuis le 8 novembre 2013.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait 84 cents à 97,24 dollars.

"Le Brent continue de décliner et est tombé ce matin à un plus bas en neuf mois de moins de 104 dollars le baril", remarquaient les analystes de Commerzbank.

Et en 2015? Une accélération de la demande d'or noir est toujours prévue en 2015 mais elle sera quelque peu ralentie par la Chine, le Japon et enfin la Russie, du fait des sanctions occidentales pour son rôle jugé déstabilisateur en Ukraine, selon l'agence énergétique des pays développés. Elle prévoit désormais une consommation de 94 mbj l'an prochain, contre 94,1 mbj précédemment, soit 1,3 mbj de plus sur un an.

Dans ce contexte, les prix du baril de brut restent relativement indifférents aux tensions géopolitiques dans des pays producteurs comme la Libye, l'Irak et la Russie.

"Après une brève hausse début juin, les prix du pétrole se sont repliés début août, presque aussi rapidement que les forces islamistes avaient gagné du terrain dans le nord et le centre de l'Irak", souligne l'AIE.

"Cette faiblesse des prix est en grande partie déterminée par la demande", poursuit-elle. "Aussi menaçant que puisse être l'amoncellement actuel de nuages géopolitiques, l'impact potentiel de ces développements sur la production n'est pas aussi direct qu'il ne paraît".

Au total, la production de pétrole a même augmenté de 230.000 barils par jour en juillet pour atteindre 93 mbj, note l'AIE, grâce à une progression en Arabie saoudite et en Libye, qui a compensé un repli dans d'autres pays producteurs.

Vendredi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait aussi abaissé légèrement sa prévision de croissance de la demande de brut en 2014, à 1,10 mbj, contre 1,13 mbj estimé au début de l'été.

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