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Le prix des panneaux photovoltaïques s’envole

Aujourd'hui, la production européenne de panneaux solaires est quasi inexistante. ©Hollandse Hoogte / Judith Dekker

Le prix des panneaux solaires a bondi ces dernières semaines. En cause: la hausse du coût des matières premières, des composants électroniques et du transport.

Dans le photovoltaïque, l'habitude est à la baisse des prix. En douze ans, le prix d'une installation moyenne a été divisé par trois, voire davantage. Mais ces dernières semaines, le prix du photovoltaïque a brutalement grimpé.

15 à 20%
PLus cher
D'ici octobre, le prix des panneaux solaires devrait être 15 à 20% plus élevé qu’en début d’année.

"Avec le changement politique aux Etats-Unis et la révision à la hausse des objectifs climatiques dans plusieurs pays, la demande est forte un peu partout dans le monde, souligne Benoît Fosseprez, directeur de Green Energy 4 Seasons. En outre, la taille des projets est de plus en plus importante: des champs solaires commencent même à apparaître en Wallonie. Résultat: les prix des fournitures ont grimpé de 15 à 20%."

Lampiris nuance quelque peu. "Sur les panneaux eux-mêmes, la hausse que nous constatons date des toutes dernières semaines et est de l'ordre de 10%. Les onduleurs vont suivre la même tendance. Par contre, sur les composants en cuivre, en aluminium ou en inox, dont le prix a commencé à grimper il y a déjà plusieurs mois, la hausse dépasse les 30%", détaille Martin Jasienski, administrateur délégué de WinWatt, la filiale de Lampiris spécialisée dans l'installation de panneaux solaires.

Le coût des matières premières

"Le prix de revient d'un panneau solaire dépend en grande partie du métal utilisé pour le cadre, mais aussi du verre et du silicium manipulés. Ces trois matières premières sont de plus en plus chères."
Steven Leeten
Rexel Belgique

Plusieurs facteurs expliquent cette montée en flèche des prix. D'abord, la hausse des matières premières et la lenteur de certaines usines à redémarrer après la crise. "Le prix de revient d'un panneau solaire dépend en grande partie du métal utilisé pour le cadre, mais aussi du verre et du silicium manipulés. Ces trois matières premières sont de plus en plus chères. À tel point qu'en octobre, les prix devraient être 15 à 20% plus élevés qu'en début d'année", note Steven Leeten de Rexel Belgique, qui distribue ces installations.

Ensuite, la hausse des prix des composants électroniques. Enfin, celle du transport. "Fin 2019, nous payions 2.500 euros pour acheminer un conteneur vers la Belgique. Aujourd'hui, nous devons débourser entre 11.000 et 12.000 euros pour le même service", poursuit Steven Leeten.

Et l'Europe est complètement dépendante des producteurs asiatiques. Fin 2018, l'Union européenne a en effet supprimé les taxes à l'importation sur les panneaux solaires chinois, si bien qu'aujourd'hui, la production européenne est quasi inexistante.

Un impact encore limité pour les clients

Certains installateurs ont déjà commencé à répercuter, au moins en partie, cette hausse à leurs clients particuliers. "Nos offres sont généralement valables pendant 14 jours, explique un employé de la société flamande Dirickx. Un client est récemment revenu vers nous 15 jours après l'envoi du devis. Ce dernier avait soudain gonflé de 1.200 euros. C'est difficile à expliquer au client. Mais sur les nouvelles offres, je ne peux pas non plus vendre à perte."

"Le photovoltaïque reste rentable. La hausse du prix des installations va être compensée par celle de l'électricité."
Benoît Fosseprez
Directeur de Green Energy 4 Seasons

D'autres installateurs n'ont pas encore adapté leurs tarifs. "La hausse des prix n'a pas encore été répercutée sur les devis que nous avons faits et ces offres restent valables", indique Olivier Desclée, porte-parole d'Electrabel. "Nos grilles tarifaires n'ont pas bougé depuis le début de l'année. Nous avons un stock assez important, et nous avons encore de la capacité pour juillet et une partie du mois d'août sur base des anciens prix", renchérit Martin Jasienski.

Mais même avec des prix en hausse, les installations photovoltaïques vont rester rentables, insistent nos interlocuteurs. "En tenant compte de la taxe prosumer, une installation se rentabilise toujours en 5 ou 6 ans en Wallonie. Et la hausse du prix des installations va être compensée par celle de l'électricité", argumente Benoît Fosseprez.

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