Le projet Myrrha se hisse dans la liste des priorités européennes

Ce nouveau réacteur nucléaire est le seul projet belge parmi les 50 infrastructures de recherche européennes prioritaires.

Trois nouveaux projets d’infrastructure de recherche viennent d’être déclarés prioritaires par le forum stratégique européen ESFRI : une infrastructure de recherche sur l’énergie éolienne au Danemark, une installation de concentration d’énergie solaire en Espagne, et le projet Myrrha, porté par le CEN, le Centre de recherche nucléaire installé à Mol, qui prévoit l’installation d’un nouveau type de réacteur nucléaire de recherche.

Myrrha est le seul projet belge à figurer parmi les 50 infrastructures de recherche classées comme "à réaliser" par l’ESFRI, chargé par la Commission européenne de déterminer quelles infrastructures de recherche sont nécessaires en Europe pour garder une avance scientifique et technique.

Sur cette liste, figurent non seulement des projets portant sur l’énergie ou le climat, mais aussi des projets en astronomie ou en sciences humaines. La France, l’Allemagne et l’Angleterre s’y taillent la part du lion.

"Nous nous battions depuis 2006 pour que Myrrha figure dans cette liste, explique Hamid Aït Abderrahim, directeur adjoint du CEN et directeur du projet Myrrha. Nous avions obtenu que Myrrha soit considéré comme ‘projet émergent’. Mais il a fallu le feu vert du gouvernement belge au co-financement du projet pour que Myrrha fasse partie de la liste prioritaire."

Transmutation des déchets

A la mi-novembre, on apprenait également que Myrrha faisait partie des projets retenus dans le cadre de l’"initiative industrielle européenne pour une énergie nucléaire durable" (ESNII), qui s’inscrit dans le plan stratégique de la Commission européenne pour des technologies énergétiques pauvres en carbone.

La construction de ce nouveau réacteur nucléaire de recherche a notamment pour objectif de répondre aux problèmes de stockage des déchets nucléaires, en travaillant sur la "transmutation" des déchets de haute radiotoxicité, afin de réduire leur durée de vie et leur volume. Le projet doit aussi plancher sur le comportement des matériaux irradiés, un facteur-clé en cas de prolongation des centrales nucléaires. Il va également contribuer à l’approvisionnement en radio-isotopes à usage médical ou à la production de silicium dopé, utilisé dans les voitures hybrides.

Ce projet de 960 millions d’euros, dont la mise en service est prévue pour 2023, devrait être financé à 40% par le fédéral qui a déjà débloqué 60 millions d’euros pour les années 2010 à 2014.

Retombées

Concrètement, que vont apporter ces reconnaissances européennes ? "Etre positionné dans ESNII ouvre la porte à des financements européens, qui doivent encore être mis sur pied, explique Hamid Aït Abderrahim. Etre sur la liste ESFRI nous permet de prétendre à de l’argent provenant du programme-cadre pour consolider notre dossier même s’il ne s’agit pas de sommes énormes. Et surtout, le fait de figurer sur ces deux listes nous donne une visibilité internationale qui va nous aider à convaincre plus rapidement des partenaires à entrer dans le consortium nécessaire au bouclage financier du projet."

A côté des 40% financés par le fédéral, Myrrha doit trouver d’ici 2014 de quoi financer 40 autres pourcent de son projet. Le solde pourrait être couvert par des prêts, par exemple auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI).

De nombreux contacts se sont noués ces derniers mois avec la Chine, la Corée du Sud, le Kazakhstan, l’Allemagne, le Japon, l’Inde, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède ou l’Espagne. C’est avec la Corée du Sud que le dossier est le plus avancé. "Nous espérons qu’au printemps 2011, ce pays décidera s’il participe, et si oui, à quel niveau", confie le directeur de Myrrha.

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