Le soutien aux grandes installations photovoltaïques chute en Wallonie

Edora demande la clarté sur le mécanisme de calcul des niveaux de soutien en Wallonie. ©Photo News

Le soutien au grand photovoltaïque va baisser de près de 60% en Wallonie à partir de septembre. La fédération belge des énergies renouvelables tire la sonnette d'alarme.

Dans un communiqué publié le 9 juillet dernier, Edora, la fédération belge des énergies renouvelables, tire la sonnette d'alarme quant au niveau de soutien dont bénéficieront, à l'avenir, les installations photovoltaïques de moyenne et grande tailles en Wallonie. En l'espèce, la fédération regrette une chute de près de 60% du soutien aux projets de plus 10 kWc (kilowatt-crêtes) à compter du 1er septembre 2020 en Région wallonne.

Plus encore que la baisse du niveau de soutien en tant que tel, Edora reproche surtout à la Région et à l'administration un manque certain de transparence. Pour Fawaz Al-Bitar, le directeur général de la fédération ,"le modèle utilisé est une sorte de boîte noire, contrairement à ce qui est utilisé en Flandre. C'est pourquoi nous demandons un accès au modèle afin d'en comprendre la méthode de calcul".

"Pour les acteurs du secteur, ce ne sera pas tenable."
Fawaz Al-Bitar
Directeur général d'Edora

Se disant surpris et insistant sur la "brutalité" d'un tel changement, le directeur d'Edora en appelle ici aux autorités et espère qu'une décision pourra être prise avant les congés parlementaires. "Pour les acteurs du secteur, ce ne sera pas tenable", appuie-t-il.

Complexité ou opacité ?

Contacté par nos soins, le cabinet du ministre wallon de l'Energie, Philippe Henry (Ecolo), accepte de reconnaître la nature complexe de l'élaboration du taux responsable de la détermination du niveau de soutien aux installations photovoltaïques mais s'érige en faux quant à tout manquement à la transparence.

Le taux dont il est question est revu tous les six mois. Il détermine l'octroi de certificats verts par MWh produits et est "fonction d’une série de paramètres, dont notamment le prix des installations et celui de l’électricité injectée", nous indique le cabinet.

"L'élaboration du taux découle d’un cadre méthodologique connu de toutes les parties et antérieur à l’installation de l’actuel gouvernement. En ce sens, il ne peut représenter une surprise pour le secteur."
Cabinet du ministre Philippe Henry

Quant à l'accusation de manque de transparence dans sa méthodologie, le cabinet nous rétorque, sans appel: "L'élaboration du taux découle d’un cadre méthodologique connu de toutes les parties et antérieur à l’installation de l’actuel gouvernement. En ce sens, il ne peut représenter une surprise pour le secteur".

Le cabinet admet toutefois que "ce taux correspond à une baisse importante du soutien par rapport à la période précédente et crée également une différence par rapport aux autres Régions du pays".

L'élaboration de ce taux incombait jusqu'à récemment à la Cwape, le régulateur wallon du secteur. Aujourd'hui, c'est le SPW Energie qui en a la charge, mais la même méthodologie sous-jacente reste d'application, même si elle a fait l'objet d'une importante révision suite à ce passage de témoin entre institutions.

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