Les adeptes du photovoltaïque dans le panneau

Il est bel et bien question d’un prix minimum garanti de certificat vert revu à 40 euros dans une note du gouvernement wallon. Au mépris des droits acquis?

Un comité ministériel restreint du gouvernement wallon a accouché vendredi dernier de deux pages quasi incompréhensibles mais pour le moins surprenantes. Ce "kern" wallon a en tout cas parfaitement semé le trouble: chez les installateurs de photovoltaïque et leurs clients passés et à venir, chez les producteurs détenteurs de certificats verts, chez les candidats investisseurs et leurs banquiers.

Il ne s’agit encore que d’un "projet de notification"… Une rumeur en quelque sorte… Mais le Gouvernement pourrait bien la valider ce jeudi. Auquel cas, il serait trop tard, déjà, pour réagir.

Les lignes explosent

Les réactions n’ont donc pas tardé. Le call center de la CWaPE a surchauffé, son extranet sécurisé, via lequel les investisseurs peuvent négocier leurs certificats verts en ligne, s’est même bloqué par moments comme si les modalités de transaction allaient être modifiées au pied levé, sans notification au Moniteur, ce que le Président de la CWaPE exclut évidemment.

Test-Achats en a appelé au maintien des droits acquis: "On ne peut accepter d’avoir poussé de nombreux consommateurs à investir dans l’énergie renouvelable à coup de primes et d’incitants, et tout remettre en cause ensuite. C’est une rupture totale avec la sécurité juridique qui doit entourer les investissements sur le long terme des particuliers", commente l’association.

Pour Edora surtout, la fédération des investisseurs dans l’électricité verte, la potentielle remise en cause de "la garantie" du prix minimum des certificats verts signifiera la rupture sans précédent de la confiance des entreprises et des ménages envers la Région wallonne, avec les conséquences sociales qui s’en suivent. Le secteur est prêt aux mesures structurelles mais dénonce toute rétroactivité irréfléchie.

100.000 ménages ont installé du photovoltaïque avec une garantie fixée à 65 euros, rappelle Edora. La dégrader à 40 euros revient à faire fi des engagements politiques pris, à mettre à mal la rentabilité des investissements présents et la faisabilité du développement futur pour l’ensemble de la filière renouvelable.

Pour Edora, l’enjeu fondamental aujourd’hui est la confiance de tout un secteur en la Région wallonne: celle des ménages et des entreprises qui les ont accompagnés, les installateurs, les tiers-investisseurs et autres intermédiaires. Mais elle concerne aussi et surtout les banques qui sont réfractaires aux mesures rétroactives entraînant défauts de paiement, voire faillites.

Le Parlement aussi s’est ému: les députés Stoffels, Disabato et Langendries devaient intervenir en séance publique ce mercredi.
Par discipline de majorité, ils se sont abstenus dans l’attente de la décision gouvernementale.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés