Les allers-retours de la communication d'Engie irritent le personnel

L'arrêt des projets de prolongation était à l'ordre du jour du conseil d'entreprise de ce vendredi à Tihange. ©Photo News

Après avoir annoncé arrêter les projets liés à la prolongation de ses centrales nucléaires ce mardi, Engie Electrabel a depuis fait machine arrière, déclarant continuer à travailler sur une possible prolongation. Le personnel ne sait plus où donner de la tête.

C'est peu dire que la semaine a été mouvementée chez Engie Electrabel. Après avoir exposé ce mardi à ses employés, par le biais d'une vidéo interne, sa décision d'interrompre les projets et les investissements liés à la prolongation des réacteurs nucléaires, l'énergéticien français a depuis fait marche arrière, clamant que la possibilité d'une prolongation de deux réacteurs restait d'actualité.

Risque de fuite du personnel

C'est précisément ce point qui était à l'ordre du jour du conseil d'entreprise, ce vendredi, de la portion belge du groupe. Hasard du calendrier – le conseil d'entreprise n'étant pas "exceptionnel" –, celui-ci a été marqué par l'alignement de la communication interne de l'exploitant des centrales sur la communication externe. "Aujourd'hui, Thierry Saegeman (le CEO du pôle nucléaire du groupe, NDLR) nous a expliqué qu'il fallait tout de même penser à une éventuelle prolongation", raconte Vincent Franco, délégué syndical Gazelco sur le site de Tihange. "À ce moment-là, nous avons bondi de notre siège ! C'est exactement le contraire de ce qui nous avait été annoncé par vidéo mardi", poursuit-il.

"Thierry Saegeman a lâché une bombe mardi et puis il s'est rendu compte que des travailleurs allaient partir et il s'est ravisé."
Vincent Franco
Délégué syndical Gazelco pour le site de Tihange

Selon le syndicaliste, ce revirement est une réaction directe à la crainte grandissante d'un exode du personnel qualifié. "Il a lâché une bombe mardi, puis il s'est rendu compte que des travailleurs allaient partir et il s'est ravisé", interprète Vincent Franco. En effet, rien ne garantit encore que la main-d’œuvre qualifiée sera conservée pour mener à bien le démantèlement des centrales et beaucoup de travailleurs s'apprêtent à se tourner vers d'autres industries pour s'assurer une reconversion.

#SaveTheNuke

Des pin's, tracts et autocollants ont été distribués aux employés de Doel. ©Undisclosed

À nouveau, le débat pour la prolongation de l'atome est relancé. Et le personnel des centrales compte bien ne pas se laisser faire. Pancartes, pétitions en lignes et manifestations sont prévues pour les semaines qui viennent alors que les syndicats veulent s'assurer qu'un maximum de personnes soient conservées malgré l'arrêt des centrales.

Plus cocasse, des pin's, tracts et autocollants ont été distribués aux employés de Doel afin qu'ils arborent fièrement leur soutien à l'atome. Décidément la communication d'Engie semble peiner à trouver un équilibre entre ce que l'entreprise veut faire et ce qu'elle veut dire.

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