Les aristocrates européens du dividende: Total (1/4)

Selon son CEO, Patrick Pouyanné, Total fait face à trois crises à court et moyen terme: la crise du coronavirus, la crise pétrolière et la crise climatique. Mais cela ne devrait pas l'empêcher de verser à ses actionnaires un dividende stable pour l'exercice actuel. ©Reuters

La crise sanitaire et économique a lourdement impacté les sociétés européennes. De grands noms ont dû réduire ou suspendre leur dividende. Mais quelques irréductibles résistent. Aujourd’hui: Total.

Le secteur pétrolier est sans aucun doute l’un des plus touchés par la pandémie du coronavirus. À tel point que l’on ne compte plus le nombre de sociétés qui ont dû acter des dépréciations d’actifs au deuxième trimestre 2020. Fait historique, le groupe néerlandais Royal Dutch Shell a annoncé fin avril réduire son dividende trimestriel pour préserver sa trésorerie. Même la crise pétrolier des années 1970-1980 n’avait pourtant pas eu raison de lui.

5,6%
Un rendement dividendaire "attractif"
Selon Total, la moyenne des rendements bruts de son dividende entre 2010 et 2019 est de 5,6%.

D’autres majors européennes - et américaines - ont également dû couper le robinet vers leurs actionnaires. À l’exception notable du géant français Total . Certes, il a fait une croix sur son objectif d’une augmentation de 5% à 6% par an du dividende. Mais, comme pour l’exercice précédent, il versera 1,32 euro par action pour les deux premiers trimestres 2020 (0,66 euro chacun).

Le groupe français se targue d'ailleurs d’offrir un dividende trimestriel "particulièrement attractif". Selon ses calculs, la moyenne des rendements bruts du dividende entre 2010 et 2019 est de 5,6%.

La major la plus résiliente parmi ses pairs

Reste à savoir si Total aura les finances assez solides pour maintenir le cap pendant la seconde partie de l’année et distribuer au final 2,68 euros par action à ses actionnaires. Son management a en tout cas indiqué, lors de la présentation de ses résultats semestriels, vouloir défendre fermement son dividende.

"Étant donné que Total vise un Brent au-dessus des 40 dollars le baril à moyen terme, le niveau de son dividende est confortable. Et il est peu probable que la société change sa politique au cours des prochains trimestres."
Morgan Stanley

De nombreux analystes l'en croient capable. "Étant donné que Total vise un Brent au-dessus des 40 dollars le baril à moyen terme, le niveau de son dividende est confortable. Et il est peu probable que la société change sa politique au cours des prochains trimestres", estime Morgan Stanley dans une note publiée ce lundi.

Selon Will Hares, senior industry analyst chez Bloomberg Intelligence, "Total est peut-être la major européenne la plus résiliente parmi ses pairs". "La société est très génératrice de trésorerie, avec un équilibre organique avant dividende proche de 20 dollars le baril. Soit le meilleur de son secteur. Nous considérons toujours que Total est le mieux positionné pour défendre son payout."

Un point négatif cependant. Total a suspendu cette année son programme de rachat d’actions propres. Pour mémoire, il souhaitait racheter pour environ 2 milliards de dollars en 2020. Mais il a décidé d’arrêter son programme - après avoir acheté environ 5 millions de dollars d’actions durant les deux premiers mois – en raison de la chute des prix pétroliers et de la pandémie.

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