Les Belges paient moins que leurs voisins pour le gaz naturel

Le Belge paie son gaz moins cher que ses voisins. ©EPA

A 1.031 euros par an par ménage pour une utilisation moyenne, la facture de gaz naturel est au niveau le plus bas depuis 10 ans en Belgique.

La chute historique des prix du gaz se ressent dans le portefeuille des consommateurs européens. Dans une analyse parue ce mercredi, De Standaard révèle en effet que la facture de consommation de gaz naturel par ménage en Belgique a atteint son niveau le plus bas de ces dix dernières années, à 1.031 euros par an pour une utilisation moyenne.

1.031
euros
La facture de gaz moyenne des ménages belges est, à 1.031 euros par an, la moins élevée d'Europe de l'Ouest (selon les chiffres de juillet 2019, collectés par la CREG).

D'après les informations compilées par la Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz (Creg), les consommateurs belges paient, depuis le mois de juillet dernier, moins cher pour leur utilisation de gaz naturel que leurs voisins néerlandais (2.037 euros par an), français (1.598 euros), allemands (1.402 euros) et britanniques (1.167 euros). Ces derniers bénéficiaient des prix les plus avantageux du nord-ouest de l'Europe depuis 2016. Les Pays-Bas, pourtant producteurs de gaz naturel (et premiers fournisseurs de la Belgique), affichent la facture de loin la plus élevée. Ceci s'explique, d'après le directeur de la CREG, Laurent Jacquet, interrogé par De Standaard, par des taxes à la consommation bien plus élevées qu'ailleurs.

Trois raisons  

Ce regain de pouvoir d'achat pour les familles s'explique d'abord par des conditions de marché extrêmement favorables aux pays européens. La chute des prix du gaz naturel, liée à un hiver particulièrement clément connu en Extrême-Orient en 2018 et au surplus conséquent de gaz naturel accumulé par les pays asiatiques, permet aux ménages européens (et à leurs portefeuilles) de voir venir l'hiver prochain avec sérénité. 

Dans ce contexte avantageux, la Belgique est particulièrement favorisée du fait de l'obligation pour les fournisseurs de gaz de calquer leurs tarifs variables sur les variations de prix sur les marchés, ce qui est moins le cas dans les autres pays du continent. Cette explication fournie par Laurent Jacquet au Standaard, s'ajoute à la diversification de l'offre en gaz naturel proposée au pays. Par l'intermédiaire du port de Zeebruges et de son terminal permettant d'accueillir les transporteurs de gaz naturel liquéfié (GNL) venus du monde entier, la Belgique est considérée comme une plaque tournante de la route du gaz internationale.

Cette position a par ailleurs été récemment renforcée par la par la signature d'un contrat à un milliard de dollar entre Fluxys LNG et Qatar Terminal Limited, une filiale de Qatar Petroleum, concernant la mise à disposition de l'ensemble des emplacements de déchargement de GNL et les 4 réservoirs de stockage détenus par la filiale de Fluxys au port de Zeebruges à la société qatarie, jusqu'en 2044.

La construction d'un cinquième réservoir de stockage de GNL au terminal de Zeebruges, opéré par Fluxys, prendra fin cette année. ©Jonas Lampens

La construction d'un cinquième réservoir d'une capacité de 180.000 mètres cubes sera finalisée avant la fin 2019. Il accueillera du gaz venu de Russie, suite à la conclusion d'un second accord entre Fluxys LNG et Yamal LNG, une coentreprise du russe Novatek (50%), du français Total (20%) et du chinois CNPC (20%) et Silk Road Fund (10%).

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