Les communes coincées chez EDF Luminus

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Les communes, actionnaires minoritaires d’EDF Luminus, disposent d’une fenêtre de sortie en 2015. Mais la valorisation de l’entreprise a tellement chuté qu’elles devraient y renoncer.

Quand EDF a racheté les 51% de Centrica dans SPE, le deuxième fournisseur d’énergie du pays qui allait devenir EDF Luminus, les communes belges, actionnaires historiques de SPE via une série d’intercommunales, disposaient d’une option de vente. En 2010, Publilum et VEH ont décidé de céder la moitié de leur participation, et Dexia la totalité. Au total, 12,5% supplémentaires ont ainsi été rachetés par EDF, pour 215 millions d’euros. Les autres actionnaires, Publilec, Socofe, Tecteo et Ethias ont conservé la totalité de leurs actions.

Sur la base de cette transaction, les 36,5% du capital toujours détenus par les communes belges pouvaient être évalués à 628 millions d’euros. Et à l’époque, les communes ont négocié une convention d’actionnaires de dix ans, leur garantissant deux fenêtres de sortie à des conditions prédéterminées, en 2015 et en 2018, espérant ainsi sauvegarder leurs intérêts. L’accord prévoit que cette sortie peut se faire soit via une introduction en bourse, soit par la cession des titres à EDF.

Le problème, c’est que depuis, la valeur d’EDF Luminus a dramatiquement chuté. "La valorisation de l’entreprise est difficile, souligne Paul De fauw, président du conseil d’administration d’EDF Luminus et administrateur délégué de VEH. Le contexte boursier est bon, mais le secteur de l’énergie ne va pas bien. Et il y a de grosses incertitudes sur le nucléaire, avec deux réacteurs dont nous ne savons pas s’ils vont redémarrer." EDF Luminus est en effet actionnaire à hauteur de 10,2% de Doel 3 et Tihange 2, affectés par des microfissures. Il y a aussi eu l’arrêt de la centrale au gaz de Seraing, qui se trouve désormais dans la réserve stratégique.

Avant 2018?

Les communes se retrouvent donc coincées: ou elles sortent maintenant mais dans de très mauvaises conditions, ou elles patientent. "Ma vision personnelle est qu’il vaut mieux rester actionnaires pour l’instant, en attendant une remontée de la valeur de l’entreprise. Et actuellement, tous les actionnaires publics belges sont sur la même ligne, même s’il n’y a pas encore eu de décision officielle, et que la fenêtre de liquidité ne s’est pas encore refermée", poursuit Paul De fauw. Les communes ont en effet accompli toutes les étapes nécessaires pour conserver cette possibilité de sortie en 2015. Une décision finale doit être prise avant la fin du premier trimestre.

Elles devraient choisir de ne rien changer pour le moment, même si des voix s’élèvent de plus en plus régulièrement, surtout en Flandre, pour remettre en question la présence des communes dans des activités concurrentielles du secteur de l’énergie. "Nous comprenons les interrogations sur la présence des communes dans le capital d’un producteur et fournisseur d’énergie, répond Paul De fauw. Mais si les communes décident de partir, ou sont obligées de le faire, il faut attendre le bon moment pour vendre."

Les communes belges espèrent toutefois ne pas devoir se contenter de la prochaine fenêtre de sortie, en 2018. "Nous discutons depuis plusieurs mois avec EDF pour voir s’il est possible de conclure une autre convention d’actionnaires, avec par exemple un déplacement de quelques années des fenêtres de liquidité", indique Paul De fauw.

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