Les dessous de Gaele, le courtier en énergie de Test-Achats

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Lancé en mai, le "courtier personnel en énergie" de Test-Achats a déjà séduit 10.000 clients. Mais son modèle soulève certaines questions.

Le succès est d’ores et déjà au rendez-vous. "Nous avons franchi la barre des 10.000 personnes inscrites, sans beaucoup communiquer", constate Patrick Lizin, responsable du projet Gaele. La promesse de cette plateforme, lancée en mai en partenariat avec le courtier en énergie EnBro? Suivre constamment l’évolution des prix du marché de l’énergie, pour permettre au client de changer de fournisseur au moment le plus opportun, sans qu’il s’occupe de rien.

"Nous avons franchi la barre des 10.000 personnes inscrites, sans beaucoup communiquer."
Patrick Lizin
responsable du projet Gaele

Pour EnBro, "le label Test-Achats est une garantie que nous travaillons dans l’intérêt du consommateur". Le modèle choisi par l’association de défense des consommateurs soulève tout de même quelques questions.

Ressemblance avec June Energy

À première vue, le service ressemble furieusement à celui de la start-up anversoise June Energy, qui a elle convaincu quelque 5.000 clients. Sauf que June travaille avec de petits boîtiers intelligents qui suivent en temps réel la consommation de ses clients, et surtout un logiciel d’analyse des tarifs des différents fournisseurs d’énergie, promotions comprises, pour détecter à tout moment si un client a intérêt à changer de fournisseur. Gaele, elle, est une sorte d’achat groupé permanent. "Nous sommes en négociation avec l’ensemble des fournisseurs. Tous peuvent remettre à tout moment une offre de prix pour notre portefeuille de clients, qui a atteint un seuil critique et permet de négocier des tarifs intéressants", explique Patrick Lizin.

Impossible donc pour Gaele de garantir que chaque client bénéficiera de l’offre la plus intéressante du marché. "Notre promesse, c’est qu’au temps T, le client bénéficiera d’un prix en ligne avec le marché, et que si ce n’est plus le cas six mois plus tard, on lui proposera à nouveau de changer", poursuit Patrick Lizin, qui reconnaît toutefois que la mécanique doit être amorcée. "Il est vraisemblable qu’au départ, un ou deux fournisseurs s’adjugeront l’ensemble de notre portefeuille de clients."

"Notre promesse, c’est qu’au temps T, le client bénéficiera d’un prix en ligne avec le marché, et que si ce n’est plus le cas six mois plus tard, on lui proposera à nouveau de changer."
Patrick Lizin
responsable du projet Gaele


Transparence? 

Impossible de savoir, aujourd’hui, combien de fournisseurs ont déjà remis offre. Gaele n’a encore proposé à aucun client d’opter pour un nouveau fournisseur - même si le site Internet publie des témoignages de clients ravis. Pas très correct, pour un service promu par une association de défense des consommateurs… "Les prix sont plutôt à la hausse, ce n’est pas le moment de switcher, argumente Luc Demeyere, administrateur délégué d’EnBro. Nous espérons procéder aux premiers basculements fin août-début septembre."

"La redevance totale sera très limitée."
Luc Demeyere
administrateur délégué d'Enbro

Autre problème: le service est annoncé comme gratuit. La plateforme sera en fait financée par les fournisseurs, via une redevance mensuelle sur laquelle Test-Achats annonce qu’il touchera 15 cents par mois et par code EAN pour les clients qui ont changé de fournisseur. "La redevance totale sera très limitée. C’est très différent de la prime d’acquisition pratiquée par les groupements d’achat classiques, qui représente souvent un investissement trop élevé pour un petit fournisseur. Ici, nous ouvrons le marché", argumente Luc Demeyere. Il aurait quand même été préférable, pour Test-Achats, d’être plus transparente à ce sujet.

Chez June, qui veut préserver son indépendance à l’égard des fournisseurs, c’est le client qui paie (5,99 euros par mois pour le service, plus 29 euros pour l’activation d’un lecteur de compteur). Un élément qui a d’ailleurs conduit Test-Achats, le mois du lancement de Gaele, à critiquer June dans sa revue, en disant avoir développé une meilleure initiative. Même si un correctif est annoncé, cela montre qu’il est fort délicat d’être à la fois association de défense des consommateurs, et de commercialiser ses propres produits ou services.

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