Les factures de Gazprom trop élevées selon la Commission

La commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager s'est penchée sur le dossier Gazprom. ©AFP

La Commission européenne a accusé le groupe public russe Gazprom d'abuser de sa position dominante en Pologne, en Hongrie et dans six autres pays d'Europe centrale et orientale.

La Commission européenne est passée à l'attaque mercredi contre Gazprom, accusant le géant gazier russe d'abus de position dominante sur plusieurs marchés en Europe centrale et orientale. La commissaire en charge du dossier, Margrethe Vestager, a résumé ce que la Commission reproche à Gazprom en deux points:

  1. Gazprom "pourrait avoir érigé des obstacles artificiels empêchant l'acheminement du gaz de certains pays d'Europe centrale et orientale vers d'autres, entravant ainsi la concurrence transfrontière". 
  2. "Le cloisonnement des marchés nationaux du gaz a aussi permis à Gazprom de facturer des prix que nous jugeons, à ce stade, inéquitables."

Ces pratiques concernent huit États membres: Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Slovaquie.

QUE RISQUE GAZPROM?

La Commission a ouvert en août 2012 une procédure formelle concernant le comportement commercial de Gazprom en Europe centrale et orientale. Le groupe russe a 12 semaines pour répondre et peut demander à être entendu afin de présenter ses arguments.

9 milliards €
Le montant de l'amende que pourrait payer Gazprom et qui représente 10% de son chiffre d'affaires mondial.

Gazprom risque dans le pire des cas une amende allant jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires mondial, soit plus de 9 milliards d'euros. En 2013, Gazprom a enregistré un chiffre d'affaires de 5.249 milliards de roubles (93 milliards d'euros au cours de lundi). Les résultats pour 2014 n'ont pas encore été publiés. Un tel scénario risquerait de tendre un peu plus les relations avec Moscou.

"Le gaz est un bien essentiel pour notre vie quotidienne: il permet de chauffer nos maisons, nous l'utilisons pour faire la cuisine et produire de l'électricité. Le maintien d'une concurrence équitable sur les marchés européens du gaz est par conséquent de la plus haute importance", a souligné Margrethe Vestager.

Gazprom juge "infondées" les accusations de l'UE d'abus de position dominante. Une source proche du géant russe, citée mardi par le journal Kommersant, a affirmé que le groupe public "attendait depuis longtemps les griefs et est prêt à se défendre devant un tribunal s'il le faut, car il considère sa position comme forte".

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