Les gazoducs, nouveau moteur pour le groupe Engie

©ENGIE

Le rachat de TAG, au Brésil, est la plus grosse acquisition d’Engie depuis le rachat d’International Power en 2010. Elle devrait lui offrir des revenus stables, mais aussi de nouvelles opportunités.

En mettant la main sur TAG, Engie a racheté un réseau de gazoducs qui s’étend sur 4.500 kilomètres, et représente quasi la moitié des infrastructures gazières du Brésil. Il se compose d’un gazoduc qui longe la côte du nord et de l’est du pays, ainsi que d’un autre qui relie le champ gazier d’Urucu, en Amazonie centrale, à la ville de Manaus. L’opération, un temps suspendue par la Cour suprême brésilienne, a fini par recevoir un feu vert début juin. De quoi renforcer la position d’Engie dans un pays qui est déjà le deuxième contributeur du groupe, après l’Hexagone: il a rapporté, en 2018, 15% des 5,1 milliards d’euros de résultat opérationnel courant.

L’acquisition de TAG ne va pourtant pas changer fondamentalement la donne sur ce plan: Engie en attend 0,13 milliard d’euros de résultat opérationnel courant supplémentaire en 2021.

8,6 milliards $
Avec son partenaire canadien, Engie a offert 8,6 milliards de dollars pour reprendre 90% de TAG. De quoi se positionner sur un marché en pleine libéralisation.

Pourquoi, dans ces conditions, Engie a-t-il offert 8,6 milliards de dollars avec son partenaire canadien, la Caisse de dépôt et placement du Québec, pour prendre 90% de ce réseau gazier, qui était auparavant entièrement dans les mains du géant brésilien public Petrobras, qui a été au centre du pire scandale de corruption de l’histoire récente du Brésil? D’abord, parce qu’Engie table sur une augmentation de la demande de gaz dans le pays. "Le gaz est essentiel, face à une électricité intermittente de plus en plus importante, et ce gaz, il faut l’acheminer", argumente Isabelle Kocher, directrice générale du groupe français.

Mais l’intérêt de cette transaction, qui est la plus importante réalisée par l’énergéticien depuis l’acquisition d’International Power en 2010, n’est pas seulement de s’assurer des revenus stables qu’offrent des actifs dans les infrastructures. "L’objectif du gouvernement est de progressivement libéraliser le marché du gaz, et nous pensons que nous pouvons y aider", explique Isabelle Kocher. Autrement dit, après la privatisation de l’infrastructure elle-même, le Brésil pourrait aussi libéraliser son utilisation, et ne plus laisser Petrobras en être l’unique client.

"C’est notre premier investissement dans la chaîne de valeur du gaz au Brésil, et nous pensons que cela nous place au bon endroit et au bon moment", glisse Gil Maranhao Neto, directeur de la stratégie et de la communication d’Engie Brasil. "Avec nos partenaires brésiliens, nous avons aussi l’objectif d’accélérer le développement du biogaz", complète Isabelle Kocher.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect