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Les industriels belges payent toujours leur électricité plus cher que leurs voisins

Febeliec plaide aussi pour la prolongation de 20 ans de trois réacteurs nucléaires belges. ©Peter Hilz / HH

Pour la huitième année consécutive, l'étude Deloitte sur les prix de l'électricité commandée par Febeliec, la fédération des consommateurs d'énergie, démontre que les industriels belges payent leur électricité plus cher que dans les pays limitrophes. Cette année, le supplément de prix va de 8 à 29%.

Chaque année depuis 2013, le consultant Deloitte conduit, à la demande de Febeliec, la fédération belge des consommateurs d'énergie, une étude sur les prix de l'électricité consommée par les industriels belges. Pour 2020, il ressort que les gros consommateurs du pays payent toujours plus cher que leurs homologues français, néerlandais et allemands, même si une contraction de l'écart est constatée.

En effet, cette année, les consommateurs industriels belges payent 8 à 29% plus cher que les pays voisins, contre 15 à 34% l'an dernier. Malgré cette sensible diminution, Luc Sterckx, le président de Febeliec, estime que cette différence de prix est un "handicap majeur", puisqu'il résulte "en la mobilisation de centaines de millions d'euros pour le secteur, au détriment des investissements et de l'emploi".

0,7 à 1,6
millions €
Pour un consommateur belge de 100 GWh par an, l'écart moyen de coût de production relatif à l'électricité par rapport aux pays voisins va de 0,7 million (Flandre) à 1,6 million d'euros (Wallonie).

En moyenne, le MWh consommé en Flandre coûte effectivement 4 à 7 euros de plus par rapport à la moyenne des pays limitrophes, et 6 à 16 euros de plus en Wallonie. Ainsi, pour un industriel consommant 100 GWh par an, cela correspond à un supplément de 0,7 million d'euros en Flandre et 1,6 million en Wallonie.

Taxes et frais de réseau

Malgré ce constat qui enrage toujours la Febeliec, une baisse de l'écart avec les pays voisins à hauteur de 5 à 7% est à signaler cette année. En cause, les prix de l'électricité sur les marchés de gros se sont rapprochés de ceux observés dans les autres pays. Selon Peter Claes, le directeur de Febeliec, cette observation s'explique par "une moindre inquiétude par rapport à la disponibilité des centrales nucléaires". Ensuite, et même si elles restent considérablement plus élevées en Belgique qu'ailleurs, les taxes ont diminué de 2% en Flandre et de 8% en Wallonie.

"C'est un handicap majeur pour les consommateurs industriels belges qui persiste malgré les promesses répétées des ministres compétents en la matière."
Luc Sterckx
Président de Febeliec

Troisième composante qui pèse sur la facture des industriels belges: les frais de réseau, eux aussi beaucoup plus lourds en Belgique, puisqu’en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, les entreprises électro-intensives avec un profil de consommation stable peuvent bénéficier de réductions sur ces frais de réseau qui peuvent grimper jusqu’à 90%.

Afin de réduire l'écart, Luc Sterckx appelle à "l'application rapide d'une norme énergétique, longtemps promise par les autorités". Celle-ci, censée établir un cadre clair afin de suivre de près l’évolution des prix de l’énergie et de proposer des mesures concrètes en cas de handicap constaté par rapport aux pays voisins, sera tributaire d'une analyse conjointe des prix de l'électricité, actuellement en cours, menée par les quatre régulateurs énergétiques du pays.


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