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Les investissements des entreprises pétrolières virent au vert

Les dépenses des entreprises pétrolières et gazières consacrées aux énergies propres pourraient voir leur part du total grimper à 4% cette année. ©Photo News

Selon l'AIE, les grands groupes pétroliers et gaziers commencent lentement à se diversifier vers les énergies propres. Cela reste insuffisant pour contrer le réchauffement climatique.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) vient confirmer la déferlante verte qui s’abat actuellement sur le secteur pétrolier. Dans son rapport sur les investissements énergétiques dans le monde, paru ce mercredi, elle estime que les dépenses des entreprises pétrolières et gazières consacrées aux énergies propres pourraient s'élever à 4% cette année. Celles-ci devraient même monter "bien au-delà de 10%" pour certaines grandes compagnies européennes. L’an dernier, ce chiffre atteignait à peine 1% pour l'ensemble du secteur.

L'agence, qui conseille des pays développés sur leur politique énergétique, prône toutefois une nouvelle accélération des investissements dans les énergies propres afin d'atteindre les objectifs climatiques. Les gouvernements doivent prendre des engagements clairs afin de "réduire les incertitudes liées aux investissements dans l'énergie propre et fournir aux investisseurs la visibilité sur le long terme dont ils ont besoin", souligne le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol.

"De bien plus importantes ressources doivent être mobilisées et orientées vers les technologies énergétiques propres."
Fatih Birol
Directeur exécutif de l'AIE

"De bien plus importantes ressources doivent être mobilisées et orientées vers les technologies énergétiques propres afin de mettre la planète sur la bonne voie pour atteindre l'objectif de zéro émission nette d'ici à 2050."

Objectif 1,5 degré

Malgré le virage opéré par les majors pétrolières, l'AIE prévoit en effet que moins de 45% des investissements mondiaux en énergie seront consacrés aux énergies propres. Or, les investissements dans les énergies renouvelables doivent plus que tripler cette décennie afin de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius.

Plus tôt cette année, l'agence internationale avait déjà invité le monde à oublier tout nouveau projet d’exploitation pétrolière et gazière. Elle avait également appelé à ne plus investir dans les centrales au charbon.

Avance européenne

Le constat est toutefois incontestable. Le secteur des hydrocarbures a commencé à se diversifier en direction de l'électricité, en particulier d'origine renouvelable.

L'AIE note cependant que les entreprises européennes, qui ont été mises davantage sous pression pour réduire leurs émissions, ont pris de l'avance sur leurs concurrentes américaines.

La semaine dernière a d’ailleurs vu une série de développements en ce sens au sein des grandes entreprises pétrolières. Shell a ainsi été condamné par la justice néerlandaise à réduire ses émissions de CO2 d'ici fin 2030 de 45% nets par rapport à 2019. Les actionnaires ont également forcé ExxonMobil et Chevron à agir plus sur le climat. Total a, quant à lui, changé de nom, devenant TotalEnergies pour illustrer son virage vers les énergies renouvelables. Le groupe français a d'ailleurs profité de son assemblée générale pour confirmer son intention d'atteindre la neutralité carbone en 2050 avec des objectifs intermédiaires fixés à 2030.

L'AIE note cependant que les entreprises européennes, qui ont été mises davantage sous pression pour réduire leurs émissions, ont pris de l'avance sur leurs concurrentes américaines.

Hausse des investissements énergétiques

Selon l'AIE, les investissements dans "l'amont" pétrolier et gazier, c’est-à-dire l’exploration et production, devraient également progresser d'environ 10% cette année. Si cela pourrait laisser présager un à-coup dans le changement de cap des majors pétrolières vers les énergies renouvelables, notons toutefois qu'ils devraient rester à un niveau bien inférieur à l'avant-crise.

De plus, cette progression est majoritairement portée par les compagnies nationales, tandis que les dépenses des "majors" privées restent, quant à elles, stables.

De manière globale, l'AIE estime que les investissements dans l'énergie à travers le monde devraient progresser de 10% cette année, pour atteindre 1.900 milliards de dollars en 2021. Cela devrait notamment permettre d'effacer l'essentiel de la chute causée par la pandémie l'an dernier.

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