Les projets éoliens en mer sont menacés

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Elia espérait convaincre les opposants au projet Stevin, crucial pour la sécurité d’approvisionnement, de renoncer à leur procédure juridique. Mais la commune de Maldegem a refusé.

Après consultation des riverains, la commune de Maldegem a rejeté, vendredi, la proposition du gestionnaire de réseau Elia. Elia était prêt à certaines concessions autour du projet Stevin, à condition que la commune mette un terme à la procédure devant le Conseil d’État. La probabilité que le Conseil d’État oblige Elia à recommencer toute la procédure est très forte, ce qui entraînerait plusieurs années de retard pour cette infrastructure cruciale.

 

À l’assemblée générale d’Elia, le 20 mai dernier, le CEO Jacques Vandermeiren s’était pourtant montré optimiste sur les chances de parvenir à un accord avec les opposants à Stevin. "Nous sommes dans la dernière phase pour arriver à un accord avec les communes et les particuliers concernés", avait-il indiqué. Un accord qu’il voulait obtenir avant le 6 juin, date à laquelle l’affaire sera plaidée devant le Conseil d’État. Car ensuite, il sera trop tard pour stopper la machine: le Conseil d’État rendra sa décision.

Elia avait formulé différentes propositions aux opposants. En ce qui concerne Maldegem, il se montrait prêt à enterrer une des deux lignes de 150.000 volts existantes, et confirmait son intention de démanteler l’autre. Mais la commune, sur le territoire de laquelle doit passer la nouvelle ligne aérienne de 380.000 volts nécessaire au projet Stevin, a dit non haut et fort, ruinant ainsi les chances d’Elia de parvenir à un accord à l’amiable. Sauf surprise de dernière minute, la balle est donc désormais dans le camp du Conseil d’État.

Un projet clé

Le projet Stevin repose sur la construction de cette ligne à très haute tension, longue de 45 kilomètres, entre Zeebrugge et Zomergem. Un projet clé pour le réseau électrique belge et la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité. Le réseau existant va en effet être saturé par le raccordement des trois premiers parcs éoliens belges en mer.

Sans ce chaînon manquant, il sera impossible de raccorder les parcs éoliens suivants, et donc d’atteindre l’objectif de 13% d’énergies renouvelables que la Belgique s’est engagée à atteindre d’ici 2020. Impossible aussi d’assurer la connexion avec le câble sous-marin Nemo, qui doit relier la Belgique à l’Angleterre et augmenter les capacités d’interconnexion avec les pays voisins de 1.000 MW. Et impossible enfin d’améliorer l’approvisionnement de la région en électricité et de permettre le développement industriel dans le port de Zeebrugge et aux alentours.

Devant le Conseil d’État, les communes de Bruges, Damme et Maldegem, ainsi que la province de Flandre occidentale et une série de particuliers, demandent l’annulation du Grup, le plan régional d’aménagement flamand qui rend possible ce projet Stevin. Huit procédures sont en cours. Dans sept d’entre elles, l’auditeur, qui est généralement suivi par le Conseil d’État, recommande d’annuler le Grup. Et l’auditeur estime la huitième requête en annulation irrecevable, celle-ci ayant été introduite trop tard.

"Si le Grup est annulé, nous allons perdre deux à trois ans", estimait Jacques Vandermeiren lors de l’assemblée générale d’Elia. Initialement, Elia espérait mettre cette ligne à haute tension en service en 2014. Cette échéance avait déjà été repoussée à début 2016, Elia espérant encore entamer les travaux sur le terrain dans le courant de cette année. Un scénario qui a désormais du plomb dans l’aile.

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