Levée de rideau sur le MOG, la première prise électrique en mer du Nord

Le MOG trône à 41 mètres au-dessus du niveau de la mer. ©Elia

Le roi Philippe a inauguré ce mardi le Modular Offshore Grid (MOG) d’Elia, à Zeebrugge. Cette première prise électrique en mer du Nord permettra de regrouper, d’ici 2020, l’électricité produite par quatre parcs éoliens offshore et de la rapatrier sur la terre ferme plus efficacement.

Ce projet témoigne d’une formidable collaboration entre le privé et les autorités, ainsi que la Flandre et la Wallonie.
Le Roi Philippe

"Ce projet témoigne d’une formidable collaboration entre le privé et les autorités, ainsi que la Flandre et la Wallonie." C’est ainsi que le roi Philippe a ouvert le bal, organisé en l’honneur de la première prise électrique en mer du Nord du groupe Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge.

Le Roi Philippe et Chris Peeters, CEO d'Elia. ©Tim Dirven

Le MOG – ou Modular Offshore Grid – permettra, en sa qualité de plateforme de commutation – de rassembler et de rapatrier l’électricité produite par quatre parcs éoliens offshore (Rentel, Seastar, Mermaid et Northwester 2) jusqu’au réseau terrestre. Un peu moins de 400 millions d’euros auront été nécessaires au financement de ce projet titanesque.

La ministre fédérale à l'Energie Marie-Christine Marghem (MR), présente à l'occasion, s’est réjouie de l’inauguration du projet, rappelant: "Le MOG est très important pour atteindre nos objectifs climatiques et notre volonté de 'décarboner' notre économie."

Quatre avantages

400 millions
d'euros
L'investissement total du MOG aura nécessité 400 millions d'euros.

Localisé à près de 40 km de la côte, ce géant de 2.000 tonnes s’élevant 41 mètres au-dessus du niveau de la mer présente quatre avantages majeurs. D’abord, sa modularité, c’est-à-dire sa capacité d’adaptation aux extensions futures des parcs éoliens. Ensuite, le fait que, contrairement aux liaisons directes de chaque parc avec la côte, le MOG offre une certaine redondance en cas de panne, permettant d’assurer le transport de l’électricité vers la terre ferme. Puis, il représente une économie considérable puisqu’il nécessite 40 km de câbles en moins sur les fonds marins par rapport au cas où chaque parc nécessiterait un raccordement individuel. Enfin, l’impact environnemental s’en trouve, par conséquent, lui aussi réduit.  

Le MOG permet ainsi de rendre l’acheminement de l’électricité depuis les parcs éoliens en mer plus robuste. Forte de ses 3 câbles d’un diamètre inédit de 28 centimètres la reliant au point de raccordement électrique de Stevin (Zeebrugge), la prise géante s’inscrit dans la volonté d’Elia, et du gouvernement, d’atteindre une capacité de 4 GW pour l’éolien offshore à l’horizon 2030.

Le Roi Philippe s'apprête à visiter le MOG en compagnie du CEO d'Elia Chris Peeters. ©Tim Dirven


Une pierre à l’édifice du renouvelable

D’après le président du comité exécutif de la SRIW, Olivier Vanderijst, "fin 2020, l’éolien offshore produira près de 10% de l’électricité consommée en Belgique et 50% de l’électricité renouvelable consommée en Belgique". Les objectifs, ambitieux, de pousser la capacité de production de 2,3 à un plafond de 4 GW seront rendus possibles, entre autres, par les futures initiatives entreprises par Elia.

Le MOG, c’est le premier Iphone dans l’histoire de nos futurs systèmes énergétiques.
Damien Ernst
Professeur à l'ULiège

Le MOG est, donc, unanimement considéré comme l’une des pierres angulaires du développement de l’éolien offshore en Belgique. À ce sujet, Damien Ernst, professeur à l’ULiège, résume: "Le MOG, c’est le premier iPhone dans l’histoire de nos futurs systèmes énergétiques. Après celui-ci, d’autres MOG seront créés, plus grands, plus loin des côtes. Les développeurs renouvelables viendront, sans doute, dans le futur, connecter leurs câbles à ces MOGs, de sorte que des quantités immenses d’énergie puissent être rapatriées vers le continent."

Le plan d’investissement d’Elia pour la période 2020-2030 estimé à 5 milliards d’euros a, par ailleurs, été approuvé par Marie Christine Marghem, en avril dernier. Celui-ci comprendra, entre autres, la construction de deux nouvelles autoroutes électriques, des liaisons à 380 kV, donc à très haute tension afin de transporter l’électricité des futurs parcs éoliens en mer vers l’intérieur du pays et, surtout, la construction d’une deuxième prise électrique géante en mer: le MOG II. Cette dernière prendra place dans les eaux territoriales belges, le long de la frontière française.

 

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