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Mega impose une hausse des acomptes à ses clients

Si un client n'est pas d'accord avec l'augmentation d'acompte imposée par Mega, il reste libre d'aller voir ailleurs. Mais ce n'est pas un bon plan pour celui qui a un contrat à tarif fixe. ©BELGAIMAGE

Suite aux mauvaises conditions météo et au télétravail, Mega trouve que ses clients qui ont un tarif fixe doivent aussi payer des acomptes mensuels plus élevés. À juste titre?

Suite à l’explosion des prix sur le marché de l’énergie (des prix records étaient à nouveau payés pour l'électricité et le gaz naturel sur les marchés de gros ce jeudi), le fournisseur Mega – qui compte près de 600.000 clients partout en Belgique – a décidé d’augmenter le montant des acomptes mensuels des clients qui ont un contrat à tarif variable.

Cette démarche va complètement à contre-courant de celle opérée par les autres fournisseurs. Ceux-ci suggèrent actuellement à leur "clientèle variable" d’augmenter leurs acomptes mensuels. Mais il ne s’agit nullement d’une obligation. Le client reste donc seul maître de son budget. "En cas de grosse régularisation, il ne pourra dès lors pas s’étonner d’avoir un montant élevé à payer", s'accordent Lampiris et Octa+.

Les consommateurs qui ont un tarif variable devraient relever leur acompte mensuel de 30 à 50% pour éviter les mauvaises surprises.

"Nos estimations actuelles pour les clients en prix variables correspondent à une hausse de 30 à 50% du montant pour la majorité des clients", prévient Anne-Françoise Degryck, Chief Commercial Officer chez Lampiris.

Plus étonnant: les acomptes mensuels de la "clientèle fixe" de Mega viennent aussi d’être revus à la hausse. "Deux facteurs expliquent cette augmentation", se justifie Maxime Sonkes, le directeur commercial de Mega. "Ces derniers mois ont été particulièrement froids et de nombreux ménages ont consommé plus que d’habitude. Le télétravail a aussi eu un impact important sur leur consommation."

"Nous avons aussi décidé d'augmenter l’acompte des contrats à tarifs fixes, car une bonne partie de nos clients vont être renouvelés dans les prochains mois à un tarif forcément plus cher (75% des contrats fixes de Mega vont arriver à échéance durant cet hiver, NDLR)", précise Thomas Coune, le Ceo de Mega.

"L’acompte n’étant recalculé qu’à la régularisation, nous devons anticiper pour lisser l’effet de l’augmentation afin de permettre aux ménages de mieux gérer leur budget! Par exemple, si un client a souscrit un contrat fixe à 2 cents le kWh en gaz au mois de février et que sa régularisation a eu lieu en août, son nouvel acompte est toujours calculé sur le prix de 2 cents. Or, on sait que le prix du renouvellement qu'il y aura de février à août sera environ 4 à 5 fois supérieur. Nous anticipons cette hausse dans l’acompte pour donc 'lisser' cet effet."

Désaccord

Si un client n’est pas d’accord avec ces augmentations d’acompte (d’application à partir de la prochaine facture d’acompte), Mega lui laisse la possibilité de les modifier. Cependant, les montants choisis doivent être plus élevés que les montants actuels, selon une précision de Mega sur son site.

Et si un client décide de téléphoner pour quand même tenter de revenir à ses acomptes habituels, un opérateur lui signalera également que ce n’est pas possible et qu’il faut obligatoirement prévoir une hausse minimum de l’acompte.

Celle-ci correspond environ au tiers du surplus de l’acompte prévu par défaut par Mega. Par exemple, si Mega prévoit 30 euros de plus, il est possible de ramener cette hausse d'acompte imposée à seulement 10 euros.

Cette démarche est-elle légale? Elle est en tout cas prévue par les conditions générales de Mega, tandis que l’Accord de consommateurs du marché de l'énergie (voir par ailleurs) ne prévoit pas clairement qu’un consommateur est en droit de refuser une augmentation de son acompte.

Bref, si un client n’est pas d’accord avec cette pratique, il reste seulement libre de changer de fournisseur. Mais ce serait une très mauvaise stratégie s’il bénéficie pour le moment d’un tarif fixe qu'il a négocié lorsque les prix étaient bas.

Pire, si ce client habite en région bruxelloise, ce serait encore moins une bonne idée car sur ce marché, seuls deux fournisseurs acceptent encore, sans condition, de nouveaux clients.

La démarche de Mega ne plait en tout cas pas à Test Achats (TA). "Cela n’a aucun sens d’augmenter un acompte pour un consommateur qui a un contrat fixe en cours, surtout si sa consommation est restée stable", réagit Julie Frère, sa porte-parole. "Le consommateur est le mieux placé pour juger si celle-ci a augmenté ou non et il devrait donc avoir le dernier mot sur le montant de son augmentation."

Il nous semble que Mega tente surtout de limiter les risques financiers d'une éventuelle augmentation du nombre de mauvais payeurs.
Julie Frère
Porte-parole de Test Achats

D’ailleurs, la position de la Creg dans ce domaine est que les fournisseurs doivent informer leurs clients des hausses possibles, mais qu’il est préférable de leur laisser l’initiative. 

"Il nous semble que Mega tente surtout de limiter les risques financiers d'une éventuelle augmentation du nombre de mauvais payeurs sachant que les fournisseurs sont les seuls responsables du non-paiement de la facture (en ce compris pour les coûts de réseau et autres prélèvements)", ajoute-t-elle.

Accord des consommateurs

Ce n’est pas la première fois que Mega fait grincer des dents. L’inspection économique avait notamment révélé cette année que, depuis 2014, Mega trompait ses clients en les appâtant avec des prix bas avant de les transférer vers des prix onéreux une fois leur contrat expiré. Pour mettre fin à cette mauvaise presse, le fournisseur avait donc signé en juin dernier l’Accord des consommateurs.

De nombreux consommateurs vont se retrouver, sans le savoir, avec un contrat à tarif variable.

Toutefois, en début de semaine, TA dénonçait le fait que Mega faisait passer des clients d’un contrat à tarif fixe à un contrat à tarif variable sans leur accord explicite, et cela, avant d’avoir cessé de proposer des contrats fixes. De fait, Mega, ainsi qu’Octa+, stoppent temporairement la commercialisation de nouveaux contrats fixe à partir de ce 1er octobre.

"Ce fait n’est pas contesté par Mega qui déclare qu’il a bien signé l’Accord des consommateurs, mais que ce point ne sera implémenté qu’en 2022!", s’insurge Julie Frère.

"Par ailleurs, la procédure pour informer le consommateur du renouvellement de son contrat est loin d’être claire et transparente. De nombreux consommateurs vont donc se retrouver, sans le savoir, avec un contrat à tarif variable. Or, dans la période actuelle de forte hausse des prix, de nombreux consommateurs préfèrent la sécurité d’un contrat fixe", a-t-elle conclu.

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