"Nous avons besoin d'un gouvernement pour nous préparer à la fermeture de Tihange, si fermeture il y a"

Jean-Philippe Bainier, le directeur de la centrale de Tihange, tire la sonnette d'alarme. La date de la sortie programmée du nucléaire en Belgique arrive à grands pas. Pour s'y préparer, ou décider d'une nouvelle prolongation, il faut un nouveau gouvernement.

Plus encore que celle des volutes de fumée blanche, l’ombre de 2025 plane sur la centrale de Tihange. C’est, en effet, la date prévue pour que la Belgique sorte du nucléaire et ferme définitivement ses centrales. C’est inscrit dans la loi de 2003. Pour savoir si la sentence est irrévocable, il faudra attendre qu’un gouvernement de plein exercice se forme. À ce sujet, Jean-Philippe Bainier, le directeur de la centrale de Tihange, cache difficilement son impatience. 

Nous avons besoin d’un gouvernement pour nous préparer à la fermeture, si fermeture il y a. C’est urgent.
Jean-Philippe Bainier
Directeur de la centrale de Tihange

"Nous avons besoin d’un gouvernement pour nous préparer à la fermeture, si fermeture il y a. C’est urgent", glisse-t-il. Une déclaration qui fait écho au discours émanant des grandes instances d’Engie Electrabel, le propriétaire de la centrale. Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, avait d'ailleurs déclaré dans nos colonnes: "Une décision se fait urgente. Il n’appartient pas à Engie de définir la politique belge en matière de nucléaire. C’est une prérogative de la puissance publique et un choix clair s’impose."

Electrabel a constitué quelque 13,5 milliards d’euros de provisions pour assurer le démantèlement des réacteurs et la gestion du combustible usé. Dans l’état actuel des choses, la mise hors service des trois réacteurs de Tihange, est prévue respectivement à 2025, 2023 et 2025.

1.050 emplois directs dans la balance

La fermeture de Tihange 2 concerne environ 300 emplois même s’il y aura suffisamment de travail pour l’ensemble des collaborateurs jusqu’en 2025.
Jean-Philippe Bainier
Directeur de la centrale de Tihange

Déjà prolongé une fois, Tihange 1 pourrait également être visé, en plus de Doel 1 et 2, si les pouvoirs publics venaient à décider d’une nouvelle prolongation.

L’incertitude plane donc sur l’avenir des quelque 1.050 employés de la centrale. Poumon économique de la région, elle entraînera dans sa chute de nombreux emplois, si elle venait à ne pas être prolongée. Un constat auquel Jean-Philippe Bainier réagit avec pragmatisme. "La fermeture de Tihange 2 concerne environ 300 emplois même s’il y aura suffisamment de travail pour l’ensemble des collaborateurs jusqu’en 2025. Pour l’instant, il est trop tôt pour nous prononcer sur l’impact précis de la fermeture totale des réacteurs. Wait and see…"


Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect