Nucléaire: les patrons allemands sortent les griffes contre Merkel

L'administration d'Angela Merkel entend faire payer les opérateurs de centrales en échange d'un allongement de la durée de vie des réacteurs du pays, dont la fermeture avait été décidée vers 2020 par les gouvernements précédents.

Une quarantaine de patrons et dirigeants de l'économie allemande s'en sont pris frontalement vendredi au projet du gouvernement d'Angela Merkel de taxer la production d'énergie nucléaire, brandissant le spectre d'une désindustrialisation du pays.

"Une politique qui consiste à renflouer le budget (de l'Etat) en créant de nouveaux impôts sur l'énergie revient à bloquer les investissements importants pour le futur", écrivent ces dirigeants dans un texte dévoilé vendredi dans le "Handelsblatt".

Ce texte, qui doit paraître samedi sous la forme d'une pleine page de publicité dans les journaux, s'en prend directement au projet de taxe sur l'énergie nucléaire à l'étude, devant apporter 2,3 milliards d'euros net par an à l'Etat.

L'administration d'Angela Merkel entend faire payer les opérateurs de centrales en échange d'un allongement de la durée de vie des réacteurs du pays, dont la fermeture avait été décidée vers 2020 par les gouvernements précédents.

"Une sortie précipitée du nucléaire détruirait des milliards d'euros de capital", met en garde le texte. "Pour que les prix (de l'énergie) restent accessibles à tous, nous ne pouvons pas renoncer pour l'instant au charbon ni à l'énergie nucléaire", insistent-ils.

La liste des signataires va des patrons des grands groupes d'énergie EON, RWE et du suédois Vattenfall, à ceux de géants industriels comme BASF, Bayer et ThyssenKrupp, en passant par le distributeur Metro ou le groupe de médias Bertelsmann.

Réputé proche de Mme Merkel, Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, fait aussi partie des signataires.

Sous couvert d'anonymat, le patron d'une des trente plus grandes entreprises cotées d'Allemagne, listée sur l'indice Dax, qualifie ce texte de "tir d'avertissement au gouvernement".

"Soit ça passe, soit il perd notre soutien", a-t-il déclaré au "Handeslblatt".

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