Pour se refinancer, Ores sollicite ses obligataires

Plutôt que d'émettre de nouvelles obligations, Ores se refinance en sollicitant une prorogation sur neuf ans des obligations émises en 2012. ©belga

Le gestionnaire de réseaux de distribution d'énergie souhaite prolonger sur 9 ans les obligations émises en 2012, pour un total de 290 millions d'euros.

Se refinancer à bon compte sans devoir démarcher de nouveaux investisseurs, c'est la solution qu'envisage Ores pour garder en caisse un bas de laine de 290 millions d'euros. Le gestionnaire wallon de réseaux de distribution de gaz et d’électricité a convoqué à cet effet ses obligataires en assemblée générale le 11 décembre prochain.

Ores avait émis en 2012 un emprunt obligataire de 350 millions d'euros, dont 59,4 millions ont été rachetés fin 2018. Restent donc des obligations pour un montant total de 290,6 millions d'euros, qui arrivent à échéance le 2 octobre 2021. Le gestionnaire énergétique propose à leurs détenteurs de prolonger la durée de ces obligations de neuf ans, jusqu'au 15 décembre 2030.

0-1,5%
Ores propose de ramener le taux d'intérêt des obligations de 4% à une fourchette entre 0% et 1,5%.

Les taux d'aujourd'hui n'ayant plus aucun rapport avec ceux de 2012, Ores propose aussi une révision à la baisse du taux d'intérêt des obligations. Celui-ci devrait être ramené de 4% à une fourchette entre 0% et 1,5%.

Pour être entérinée, la proposition d'Ores devra recevoir l'aval d'au moins 75% des obligataires présents à l'assemblée, qui devra obligatoirement réunir la moitié du montant en circulation. Les obligataires qui ne souhaiteraient pas modifier les conditions actuelles pourront se faire rembourser leurs titres à concurrence de 72,65 millions d'euros maximum.

Dette lissée

Les obligations étant dématérialisées, leurs détenteurs ne sont pas connus. Tout juste sait-on que, lors de leur émission, elles se sont réparties entre des obligataires belges, mais aussi des pays voisins. Ce qui est sûr, c'est qu'aucun d'entre eux ne détient à lui seul plus de 50% des obligations.

Un recul de son échéancier permettrait au gestionnaire de réseaux de ne pas devoir émettre de nouvelles obligations, de bénéficier des conditions de marché actuelles en anticipant les incertitudes liées à la crise du Covid-19 et d'améliorer le profil de remboursement de sa dette en la lissant davantage.

"Cette opération s'inscrit dans un contexte de transformation énergétique qui nous oblige à consentir de gros investissements qui créent des besoins de financement importants", précise Jean-Michel Brébant, porte-parole d'Ores.

"Cette opération s'inscrit dans un contexte de transformation énergétique qui nous oblige à consentir de gros investissements."
Jean-Michel Brébant
Porte-parole d'Ores

Il y a deux ans, d'aucuns avaient pointé la situation financière délicate d'Ores pour écarter le scénario d'une fusion entre Ores et Resa, le gestionnaire des réseaux de distribution de gaz et d'électricité dans une partie de la province de Liège, pour créer un gestionnaire de réseaux unique en Wallonie.

La structure bilantaire d’Ores Assets, qui garantit les obligations émises par Ores, est saine, assure-t-on chez le gestionnaire de réseaux. Au 31 décembre 2019, l’endettement financier de la société était de 2,29 milliards d’euros, pour des fonds propres de 1,71 milliard et un chiffre d’affaires de 1,19 milliard. "L'opération proposée n’a pas pour objectif de diminuer l’endettement", souligne Jean-Michel Brébant.

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